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Hypertension artérielle : quels symptômes ? Etes-vous à risque ?

L’hypertension artérielle (HTA) est la maladie chronique la plus fréquente en France avec près de 1 adulte sur 3 touchés. Découvrez comment cette maladie se dépiste et se traite et pourquoi il est important de la prendre en charge.

En France, environ 15 millions de personnes ont une hypertension artérielle. L’hypertension artérielle reste encore trop souvent sous-déterminée car pas dépistée. Un adulte hypertendu sur deux ignore souffrir de cette maladie. En outre, 50 % des hypertendus traités ont toujours une pression artérielle mal contrôlée (traitement mal suivi, trop intense ou mal adapté). “Cette maladie ne donnant pas de symptôme, beaucoup de personnes ne sont pas observantes : elles ne consomment pas régulièrement leur traitement”souligne le Pr Alain Furber, ancien chef du service de cardiologie du CHU d’Angers, et président de la Fédération Française de Cardiologie (FFC).

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Quelle est la définition de l’hypertension artérielle ?

L’hypertension artérielle se caractérise par une pression anormalement élevée du sang dans les vaisseaux sanguins. L’HTA est défini par :

  • une pression artérielle (PA) systolique ≥ 140 mmHg
  • et/ou une pression artérielle (PA) diastolique ≥ 90 mmHg,

mesurés en consultation médicale et efficaces par une automesure ou une mesure ambulatoire de la pression artérielle (MAPA) sur 24 heures.

Lors d’une automesure de la pression artérielle effectuée à domicilel’hypertension artérielle est définie par une pression artérielle ≥135/85 mmHg.

La valeur normale de la pression artérielle est de 120/80 mmHg.

Quelles sont les causes de l’hypertension artérielle ?

L’hypertension artérielle est primaire ou essentielle dans 90% des cas. Elle n’a pas de cause identifiée mais est due à un ensemble de facteurs qui se potentialisent les uns les autres : l’âge, une prédisposition familiale, une mauvaise hygiène de vie (sédentarité, surpoids), le stress.

Beaucoup plus rarement, l’hypertension artérielle est secondaire, c’est-à-dire qu’une autre maladie est la cause de cette hypertension artérielle (maladies du rein, des glandes endocrines, de la paroi des artères…) ou que des médicaments en sont à l’origine (anti-inflammatoires , pilule œstroprogestative, corticoïdes, antidépresseurs…). L’alcool et certaines drogues (cocaïne, amphétamines) sont fréquents à l’origine d’une hypertension artérielle.

Quels sont les symptômes ?

“L’hypertension artérielle est une maladie qui ne donne pas de signes pendant des années”, informe le Pr Alain Furber. C’est pourquoi on parle de maladie silencieuse. Les signes peu spécifiques comme les troubles visuels, les vertiges, la fatigue ou les bourdonnements d’oreilles Les attribués à l’hypertension artérielle sont en fait peu liés à celle-ci. “Les céphalées (maux de tête) occipitales, matinales, qui résistent aux antalgiques et cèdent spontanément dans la matinée sont des signes fréquemment retrouvés lors de consultation pour hypertension artérielle, le lien de causalité état cependant incertain”, indique le Pr Furber. “Après, les signes révélateurs d’une HTA sont les complications”précise-t-il.

L’hypertension artérielle étant asymptomatique pendant très longtemps, il est indispensable à partir de 40 ans de faire mesurer une fois par une pression artérielle par un médecin. “Une automesure sur prescription médicale peut être faite une semaine avant le rendez-vous chez le médecin traitant. Il s’agit de prendre la mesure de sa pression :

  • 3 fois le matin au réveil avant la prise des médicaments,
  • 3 fois le soir au coucher
  • et ceci 3 jours de suite (règle des 3),

et de faire la moyenne de ces automesures, avec un appareil d’automesure tensionnelle au bras, plus fiables que ceux au poignet.

Hypertension artérielle : quels risques et complications ?

L’hypertension artérielle peut avoir des conséquences graves, notamment cardio-vasculaires car elle fatigue le cœur (insuffisance cardiaque). L’hypertension artérielle est l’un des principaux facteurs de risque de maladies cardiovasculaires (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, anévrysme aortique, artériopathie oblitérante des membres inférieurs) secondaires à l’apparition de lésions d’athérosclérose dans les parois des artères.

Plus la pression artérielle est élevée et plus le risque cardiovasculaire est important. L’hypertension artérielle est aussi un facteur de risque d’insuffisance rénale chronique. L’hypertension artérielle augmentait également le risque de développer une démence.

Comment se fait le diagnostic ?

Le diagnostic d’hypertension artérielle ne peut pas se reposer sur une seule mesure de la pression artérielle. La pression varie en effet tout au long de la journée et en fonction des activités physiques. En outre, la pression prise au cabinet médical expose à ce qui est appelé “l’effet blouse blanche”: une hypertension artérielle est constatée par le médecin alors que la pression artérielle est normale en dehors du cabinet médical. “Avant de débuter un traitement pour une hypertension artérielle renforcée (entre 14 et 16 mmHg en systolique et entre 9 et 10 mmHg en diastolique), l’hypertension artérielle accélérée au cabinet médical doit être confirmée par une automesure de la pression artérielle ou une mesure en ambulatoire de la pression artérielle (MAPA)“, enseigne le Pr Furber. Si une HTA sévère est détectée par le médecin une confirmation n’est pas nécessaire et le traitement est démarré.

Quels sont les facteurs de risque de l’hypertension ?

Les facteurs de risque d’athérosclérose sont modifiables ou non modifiables. Les facteurs non modifiables sont l’âge, le sexe et l’hérédité.

En revanche, d’autres facteurs de risque sont évitables :

  • les surpoids,
  • la sédentarité,
  • une consommation excessive de sel,
  • le fumer,
  • le diabète,
  • un taux élevé de cholestérol dans le sang,
  • une consommation excessive d’alcool,
  • le stress.

L’association de ces facteurs de risque multiplie le risque cardiovasculaire de l’hypertension artérielle.

Hypertension et stress : quels liens ?

Un choc émotion et le stress élèvent la pression artérielle, mais de façon temporaire. C’est pourquoi si une prise de pression a montré une pression artérielle élevée dans une période de stress, la mesure de la pression artérielle doit être mesurée à nouveau. Chez les personnes hypertendues sous traitement comme chez les personnes non hypertendues, un stress peut s’accompagner d’une élévation ponctuelle de la pression artérielle.

Hypertension artérielle pendant la grossesse : quels risques ?

L’hypertension artérielle (HTA) de la grossesse reste, la première cause de morbidité et de mortalité maternelle et fœtale. Environ 10 % des grossesses se compliquent d’une HTA. L’hypertension gestationnelle survient généralement après la 20e semaine de grossesse et disparaît dans la plupart des cas après l’accouchement. Le traitement de l’hypertension artérielle pendant le repos de la grossesse sur la prise de médicaments antihypertenseurs et parfois sur un déclenchement de l’accouchement.

“Peu de médicaments antihypertenseurs peuvent être utilisés pendant la grossesse. Les diurétiques, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC), les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II (ARA-II) sont ainsi contre-indiqués. Nous arrivons cependant à équilibrer la pression avec les autres traitements, notamment les inhibiteurs calciques. Les femmes déjà hypertendues avant leur grossesse ne doivent donc pas s’étonner de voir leur traitement antihypertenseur modifié pendant la grossesse. Leur traitement sera habituel après la grossesse et la période d ‘allaiter’, précise le cardiologue.

Quelles mesures hygiéno-diététiques pour lutter contre l’hypertension ?

L’objectif de la prise en charge de l’hypertension artérielle est de réduire le risque cardiovasculaire. Des mesures hygiéno-diététiques sont recommandées chez toutes les personnes hypertendues quel que soit le niveau tensionnel, avec ou sans médicaments associés. Ces mesures comprennent :

  • une consommation de sel de 6 grammes par jour maximum : “une grande quantité de sel entraîne une rétention hydrosodée donc une augmentation de la pression artérielle et une alimentation trop salée est une cause de résistance aux traitements”, explique le Pr Furber ;
  • une réduction du poids en cas de surcharge pondéraleafin de maintenir l’indice de masse corporelle (IMC) en dessous de 25 kg/m2 , ou, à défaut, afin d’obtenir une baisse de 10 % du poids initial ;
  • la pratique d’une activité physique régulière, au moins 30 minutes par jour ;
  • la limitation de la consommation d’alcool à 2 verres de vin ou équivalent maximum par jour et pas tous les jours chez l’homme et chez la femme ;
  • l’arrêt du tabac ;
  • un régime alimentaire riche en légumes, en fruits et pauvres en graisses saturées (graisses d’origine animale).

“La prise régulière de la pression artérielle par automesure responsabilise les patients et améliore ainsi l’observance des traitements”, informe le cardiologue.

Quels traitements médicamenteux ?

Les principaux objectifs du traitement pharmacologique antihypertenseur sont de réduire la mortalité et la morbidité cardiovasculaire c’est-à-dire assurer la prévention de l’infarctus du myocarde, de l’accident vasculaire cérébral et de l’insuffisance cardiaque, d’éviter l’ ‘évolution vers l’insuffisance rénale chez les hypertendus, notamment chez les sujets particulièrement à risque comme les diabétiques.

Plusieurs classes de médicaments antihypertenseurs peuvent être utilisées : les diurétiques thiazidiques, les bêta-bloquants, les inhibiteurs calciques (ICA), les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC), les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II (ARA-II ). “Nous avons maintenant tendance dès qu’une hypertension artérielle est développée à prescrire d’emblée une bithérapie : association de médicaments de 2 classes différentes. Cela permet de donner des doses moins importantes de chaque médicament donc d’avoir moins d’effets secondaires ce qui aide à une meilleure observance du traitement”, nous apprenons le Pr Furber.

La phytothérapie est-elle utile contre l’hypertension ?

Différentes plantes ont fait l’objet d’études pharmacologiques et/ou cliniques dans le domaine de l’hypertension artérielle : des plantes aux propriétés hypotensives directes telles que l’Ail ou l’Olivier, des plantes relaxantes telles que l’Aubépine ou la Valériane ainsi que des plantes diurétiques telles que l’Orthosiphon. Cependant, ces études ne permettent pas de proposer le prix de ces plantes pour traiter une hypertension artérielle légère.

Sources :

  • Interview du Pr Alain Furber, président de la Fédération Française de Cardiologie (FFC), mars 2022.
  • Prise en charge de l’hypertension artérielle de l’adulte, Recommandation de bonne pratique, HAS, 27 oct. 2016.
  • Site de la Fédération Française de Cardiologie.

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