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La guerre des étiquettes alimentaires a commencé

En 2022, la Commission propose l’introduction d’un logo nutritionnel commun à toute l’UE. Le « Nutri-Score », déjà appliqué en France qui donne une « note » allant de A à E aux aliments, est le favori. Mais il rencontre l’opposition féroce d’un poids lourd alimentaire : l’Italie.

Signé en 1919, le traité de Versailles est resté dans l’histoire pour les réparations humiliantes qu’il a subies à l’Allemagne. Mais si l’on regarde de plus près cet accord qui mit fin à la Première Guerre mondiale, on découvre également un objectif moins connu des Alliés : protéger le champagne. L’article 275 garantissait en effet aux délicats palais français que jamais plus ils n’auraient à subir l’infamie d’un mousseux allemand déguisé en nectar tricolore.

Aujourd’hui, diplomates et historiens s’accordent sur le fait que le traité de Versailles ne fait pas partie des grandes réussites européennes, étant donné son rôle dans le déclenchement d’un autre conflit mondial. Sans doute les viticulteurs sont-ils donc les seuls à le garder en estime.

Un siècle plus tard, l’alimentation demeure en Europe un sujet hautement politique. Cette année marque ainsi le 60e anniversaire de la Politique agricole commune (PAC), qui de nos jours encore se concentre un tiers du budget de l’Union européenne. Régulièrement, on voit des accords commerciaux appelés de leurs vœux par États certains membres capoter au nom de la protection des agriculteurs d’un autre pays (bien souvent la France). Mais voilà qu’aujourd’hui les couteaux s’aiguisent autour d’un nouveau sujet.

En effet, la Commission européenne s’apprête cette année à proposer un étiquetage uniformisé des informations nutritionnelles sur l’emballage des produits. L’idée étant de mettre en garde les consommateurs contre les aliments qui font grossir. Mais si cette initiative a le soutien des nutritionnistes, ses détracteurs n’y voient qu’un affront fait à l’art de vivre européen.

En réalité, tout ce qui se mange ou presque en Europe doit déjà, depuis 2016, afficher ses qualités nutritionnelles. Mais les critères ne sont peut-être pas exigeants. Résultat, ces informations se retrouvent à l’arrière de l’emballage, présentées dans une police de caractères comme en réserve en général aux détails les plus subtils d’un contrat d’assurance.

En 2017, une équipe de chercheurs français a mis au point un système qui synthétise ces données quasi illisibles sous la forme d’un « Nutri-Score ». Ce logo normalisé, placé à un endroit parfaitement visible du consommateur, attribue au produit une note (de A comme « acceptable » à E comme « exécrable »). Ces notes sont également illustrées par un code couleur. Une simplicité qui vaut à Nutri-Score les éloges des autorités sanitaires et des

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Grande institution de la presse britannique, L’économiste, fondée en 1843 par un chapelier écossais, est la bible de tous ceux qui s’intéressent à l’actualité internationale. Ouvertement libéral, il défend généralement le libre-échange, la

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