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les collectes d’aliments, de vêtements et de matériel médical se multiplient dans les Hauts-de-France

Alors que la guerre s’installe en Ukraine, de nombreuses initiatives solidaires ont vu le jour dans la région pour collecter et envoyer des vêtements et du matériel médical.

La solidarité envers le peuple ukrainien s’organise. De nombreux rassemblements de soutien ont déjà eu lieu un peu partout à travers la région ce week-end. Certains citoyens ont décidé de passer à la vitesse supérieure en organisant des collectes de vêtements, de denrées alimentaires et de matériel médical à destination de l’Ukraine et des centres de réfugiés en Pologne.

Bastien Dudzik, infirmier libéral et président départemental de la Fédération nationale des infirmiers dans le Pas-de-Calais, a lancé dés dimanche un appel aux dons auprès des adhérents. “Pendant la crise du Covid, les infirmiers libéraux se sont mobilisés pour trouver des masques, des blouses, etc… J’ai senti qu’on pouvait faire pareil. Avec cette expérience, ils ont su s’organiser pour récupérer du matériel, mobilisent leur réseau, par le biais des pharmacies par exemple”, explique-t-il. “J‘ai lancé le communiqué dimanche à 14h auprès des adhérents du Pas-de-Calais, et très vite les présidents des autres départements des Hauts-de-France ont fait pareil. Je dirais qu’en tout à peu près 10 000 infirmiers ont reçu le communiqué, et ensuite c’est devenu viral sur les réseaux sociaux.

Il a très vite fait face à un afflux de dons, qu’il stocke à Aix-Noulette dans le Pas-de-Calais, dans un entrepôt mis à disposition par la mairie. “C’est essentiellement du matériel pour soigner les blessures de guerre : désinfectant, kits de suture, pansement, kits de perfusion, bandes, compresses stériles, kits de brûlure…

L’acheminement vers l’Ukraine sera fait par l’association Alliance Occitanie-Ukraine, basée près de Perpignan. “Cela fait 14 ans qu’ils apportent de l’aide humanitaire vers l’Ukraine, et ils ont les autorisations du gouvernement ukrainien et du quai d’Orsay“, explique Bastien Dudzik. Reste désormais à organiser la logistique pour trier et centraliser les dons.

À Lille, une initiative similaire est née parmi les étudiants en médecine. “Ça a pris beaucoup d’ampleur, et sur un déjà reçu énormément de matériel. On a contacté la fac qui a nous mettre à disposition des locaux», explique Édouard Lansiaux, l’un des étudiants à l’origine du projet.J’ai lancé un appel aux dons dans un groupe d’échange de gardes et j’ai été un peu dépassé par les promesses de don.” Et pour cause : il dispose déjà de cinq utilitaires remplis de cartons. “Les dons continuent d’affluer de toute la France. Pas mal de médicaments, des cathéters, des électrodes… Le matériel sera distribué au sein des ambulances au plus proche du front.” Dans un second temps, les étudiants sont autorisés à collecter du matériel de médecine de guerre pour l’hôpital de Lviv.

À Senlis, le centre Anne de Kiyv est un déjà fait de trois camions de dons vers l’Ukraine. “Il y a une solidarité exceptionnelle, mais presque incontrôlableexplique l’une des co-fondatrices Anna Kanter. Tout le dimanche après la messe, il ya eu un afflux constant de personnes qui déposent des dons à l’église, et plus de cinquante personnes sont venus aider pour trier, emballer, remplir les camions.

Face aux difficultés logistiques, elle demande désormais de ne plus arriver de dons, hormis du matériel médical et des médicaments, le dimanche 6 mars après-midi à l’église ukrainienne Saints Borys et Hlib. On n’arrive plus à tout gérer pour l’instantprécise-t-elle. On n’est pas assez nombreux, alors on demande vraiment aux gens de bien préparer leurs dons, de ne pas mettre de médicaments périmés, de bien les emballer, pour nous faciliter la tâche.

Pour Anna Kanter, qui a encore des proches en Ukraine, cet élan de solidarité est très touchant. “Au début, on ne fait pas ça comme une résistance, mais maintenant, oui, on participe à la résistance, même si ce n’est pas grand chose par rapport à ce qu’ils endurent là-bas. Mais ce que je crains, c’est que petit à petit une autre actualité prend le dessus. J’aimerais que ceux qui ont mis un peu de cœur pour soutenir ce pays ne l’oublient plus jamais, que plus jamais ils ne se désengagent.”

D’autres initiatives sont également tournées vers les Ukrainiens qui ont trouvé refuge dans la Pologne voisine. À Lille par exemple, une épicerie spécialisée dans les produits d’Europe de l’Est, une grande collecte organisée de denrées alimentaires, de vêtements, ainsi que de produits d’hygiène et de puériculture.

Là aussi, beaucoup de citoyens ont répondu à l’appel aux dons. “On a été très touchés, on ne s’y attendait pas du toutexplique Julia Mishchenko, la gérante. Ça partira jeudi matin à la frontière entre la Pologne et l’Ukraine.” Son mari et co-gérant Alexandre, dont une grande partie de la famille vit en Ukraine, se réjouit d’un tel élan de solidarité. “Les gens nous ramènent des dons non-stop, le téléphone sonne tout le temps, on fait notre maximum pour aider ! Ça me touche parce que toute ma famille est là-bas, ma mère, mes sœurs, mes frères...” L’acheminement des dons sera pris en charge par un entrepreneur polonais installé à Hem, qui s’est proposé de faire lui-même le trajet.

À Compiègne aussi, des dons partiront bientôt vers les centres de réfugiés en Pologne, à l’initiative d’un adjoint au maire, Marc-Antoine Brekiesz. Il organise la collecte ce mardi 1er mars de 10h à 18h, sur la place de l’hôtel de ville. “Je suis d’origine polonaise, ma grand-mère était ukrainienne et mon grand-père polonais, explique-t-il. J‘ai encore beaucoup de contacts en Pologne, où un élan de solidarité s’est mis en place depuis le début pour accueillir les 400 000 personnes qui ont déjà franchi la frontière.” Il s’est renseigné directement auprès des centres de réfugiés pour répondre au mieux à leurs besoins : “ils demandent des couvertures, de la nourriture pour bébé, des vêtements chauds, et également de la pour animaux.

Un ami transporteur lui offre le fret de Compiègne à la Pologne. “Le gouvernement polonais achemine les réfugiés vers les grandes villes, alors le camion partira jeudi vers Cracovie.” Marc-Antoine Brekiesz a déjà reçu plus de 1 500 promesses de dons. En fonction du volume, il faudra peut-être entraîner d’autres camions. “Ça me touche de voir ces gens obligés de quitter en une nuit tout ce qu’ils ont intégré en une vie, avec juste une valise.” La collecte se terminera avec un rassemblement de soutien à 18h.

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