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Oreilles de crisse : une production robotisée

Un opérateur de cabane à sucre des Laurentides a décidé de robotiser sa production d’oreilles de crisse, un aliment du temps des sucres traditionnellement «très difficile» à préparer.

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«Faire des oreilles de crisse, c’est une épine dans le pied pour les cabanes à sucre, c’est très difficile comme travail», lance Daniel Laurin, que nous avons rencontré à la cabane à sucre Le Chalet des Érables, à Sainte -Anne-des-Plaines, où il est un des dirigeants. La chaleur du four et la longueur du travail comptent parmi les contraintes auxquelles peuvent être confrontées les cabanes à sucre qui les cuisinent à l’ancienne, nous at-il mentionné.

M. Laurin, un ancien technicien en radars d’avions, a puisé dans ses connaissances électroniques et manuelles pour mettre au point une impressionnante chaîne de production de ces grillades de lard salé qui font la joie des habitués des cabanes à sucre.


Marie-Claude Laflamme travaille à la machine de production d'oreilles de crisse du Chalet des Érables, à Sainte-Anne-des-Plaines.

Photo Agence QMI, Simon Dessureault

Marie-Claude Laflamme travaille à la machine de production d’oreilles de crisse du Chalet des Érables, à Sainte-Anne-des-Plaines.

Son arsenal robotique a été conçu à partir d’une machine qui produisait initialement du tofu séché acheté à Pittsburgh, en Pennsylvanie. « Ils m’ont dompé ça dans la cour, je l’ai vaincu au complet en morceaux et j’ai recommandé de A à Z », a raconté M. Laurin, en nous montrant ses installations.

«On a eu beaucoup d’ajustements techniques à faire parce que les oreilles de crisse c’est spécifique comme produit, ça a une complexité, ce n’est pas du bacon ou des patates frites», a mentionné l’inventeur.


Une des sections de la machine permettant la production automatisée d'oreilles de crisse du Chalet des Érables, à Sainte-Anne-des-Plaines.

Photo Agence QMI, Simon Dessureault

Une des sections de la machine permettant la production automatisée d’oreilles de crisse du Chalet des Érables, à Sainte-Anne-des-Plaines.

«On essaie d’enlever le plus de gras possible, a pour sa part expliqué Marie-Claude Laflamme, une des employées attitrée à la machine, qui était sur place lors de notre visite. On met quatre kilos dans la boîte, ma collègue la pèse, ça s’en va sur les palettes et on va blanchir durant l’après-midi.»

La machine permet de cuire de 800 à 1000 kilos d’oreilles de crisse par jour.

Puis, il y a la mise en pot automatisée dans le système mis au point par M. Laurin qui comprend aussi l’assistance d’un ordinateur. “Ça commande aussi la gestion des pots, ça permet de mettre le contenant au bon endroit, ça va y verser la quantité exacte que tu lui as demandée”, a expliqué M. Laurin, précisant que le mécanisme permet de “rouler” de 3000 à 4000 pots par jour.


Lucie Thériault, Marie-Claude Laflamme, Micheline Alarie et Daniel Laurin, du Chalet des Érables à Sainte-Anne-des-Plaines, sont à côté de la machine de robotisation d'oreilles de crisse.

Photo Agence QMI, Simon Dessureault

Lucie Thériault, Marie-Claude Laflamme, Micheline Alarie et Daniel Laurin, du Chalet des Érables à Sainte-Anne-des-Plaines, sont à côté de la machine de robotisation d’oreilles de crisse.

Cette innovation de M. Laurin permet également à son entreprise de fournir des grillades de saindoux à d’autres cabanes à sucre un peu partout au Québec, par le biais de distributeur.

Des entreprises qui se spécialisent dans le keto achètent également des oreilles de crise à M. Laurin, pour les assaisonner et en faire des produits pour les adeptes de ce régime alimentaire riche en lipides (gras).

Et, cette robotisation de la production d’oreilles de crise a l’avantage de nécessiter moins de main-d’œuvre en cette période où nombre d’entreprises ont des problèmes de recrutement de personnel.

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