>

une hausse qui fait mal au budget

CONSOMMATION. L’augmentation spectaculaire des prix des produits et services au cours des derniers mois, notamment celui des aliments, fait mal au budget de plusieurs ménages et ce sont à ceux à faible revenu qui se sont retrouvés à faire des choix déchirants.

À lire aussi : Inflation : des prix qui montent et inquiètent

Suivre le rabais dans les circulaires, se tourner vers l’aide alimentaire ou participer aux activités de cuisine collective permet à plusieurs familles d’économiser quelques dollars et d’avoir quelque chose à mettre dans les boîtes à lunch des enfants.

« Quand le paquet de quatre poitrines de poulet est à 5 $, je capote. À ce prix, j’en achète plusieurs», illustré par Marie-Josée Rochette, l’une des participantes aux cuisines collectives du Centre-Femmes de Lotbinière. Lorsqu’elle fait son épicerie, elle cherche à faire des achats réfléchis et assiste aux promotions pour certains produits.

«Ma facture d’épicerie varie entre 200 $ et 300 $. Ça a toujours été ça. Sauf que maintenant, je me rends compte que j’ai beaucoup moins de sacs. Il y a environ cinq ans, pour ce prix, ma voiture était pleine», a renchéri Nancy Vaillancourt, une autre participante aux cuisines collectives du Centre-Femmes. Elle ajoute avoir modifié ses habitudes pour s’adapter à cette augmentation des prix et se tourne souvent vers les produits surgelés.

Même si elle travaille, la mère monoparentale qui a encore deux de ses enfants à la maison, n’est pas en mesure d’économiser suffisamment pour se faire un coussin de sécurité. En février, les imprévus se sont nécessités : lunettes, dentiste et contravention ont fait un trou de 725 $ dans son budget, de l’argent qu’elle ne peut pas dépenser à l’alimentation de sa famille.

Trop cher

D’ailleurs, plusieurs se trouvent dans une situation où il faut choisir entre payer ses factures et son loyer ou manger. «Ce matin, on avait un groupe de cuisine collective et certaines nous disaient qu’elles ne vont plus à l’épicerie parce que c’est trop cher. Elles se dépannent avec ce que l’on fait ici et Aide Alimentaire Lotbinière. La différence est incroyable par rapport à avant [la pandémie]», a expliqué l’intervenante au Centre-Femmes de Lotbinière, Marylin Shallow.

Malgré l’avantage de cuisiner en grande quantité, il y a certains plats qu’elles ne peuvent plus préparer, a rajouté Mme Shallow. Par exemple, les plats de poisson sont trop désignés. « Nous donnons un budget maximum à respecter. On ne dit pas : “Ça va nous coûter plus, mais ça signifie qu’on achète moins”.» Les aliments de saison sont souvent privilégiés pour économiser, poursuivre-elle.

S’ajoute également d’autres enjeux comme celui du transport. « Il ne faut pas oublier que certaines problématiques de transport. Ils n’ont pas nécessairement la possibilité d’aller dans plusieurs épiceries. D’autres n’ont pas les fonds disponibles pour profiter d’un rabais», a signalé la directrice générale d’Aide Alimentaire Lotbinière, Andréanne Leblanc.

Aide Alimentaire Lotbinière sollicitée

L’inflation se fait également sentir chez Aide Alimentaire Lotbinière. L’organisation est elle aussi soumise à l’augmentation du prix de la nourriture. Elle essaie de distribuer des boîtes dont la valeur varie selon le type de ménage. La boîte régulière a une valeur de 145 $, la boîte famille, 185 $, et la boîte famille de 4 enfants et plus, 202 $.

« Nous travaillons pour avoir une valeur monétaire des boîtes alimentaires relativement stables toute l’année pour éviter les mauvaises surprises pour nos membres utilisateurs. Puisque l’inflation se fait particulièrement sentir depuis quelques mois, nous visons une hausse de la valeur monétaire des boîtes au cours de la prochaine année en gardant ou en augmentant la quantité d’aliments distribués », a expliqué Andréanne Leblanc.

Pour y arriver, l’organisme a signé des ententes avec des producteurs de la MRC ainsi qu’avec deux supermarchés de la région. Cela permet de récupérer 400 kg de nourriture chaque semaine. Une aide importante qui permet de répondre à une demande croissante depuis deux ans. Une aide qui permet aussi d’avoir accès à la viande et aux produits laitiers en plus grande quantité.

Depuis 2020, le nombre de membres a augmenté. Il ne redescendra pas aux niveaux prépandémie, croit Mme Leblanc. De plus, la clientèle a changé. Se sont ajoutés aux membres des gens qui ne sont normalement pas admissibles, mais qui ont vécu une situation de précarité financière. Il y a aussi ceux qui ont un revenu un peu plus élevé, mais qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts. Il y en a d’autres qui attendent des prestations d’assurance-emploi ou de CNESST qui n’ont plus de revenus depuis quelques mois, a constaté Mme Leblanc.

D’ailleurs, Andréanne Leblanc invite ceux qui ont des problèmes financiers à contacter Aide Alimentaire Lotbinière. Plusieurs attendent d’être à bout de ressources avant de demander l’aide, ce qui précarise encore plus leur situation, précise-t-elle. « Même si c’est pour une boîte d’urgence, qu’ils n’hésitent pas à nous contacter. Un coup dur, ça arrive. Si on peut aider pour une semaine ou deux. Oui on fait de la sécurité alimentaire, mais on fait aussi du référencement.»

Des aliments très chers

Une vérification rapide des prix de certains aliments de base dans les deux grandes bannières de supermarché présentes sur le territoire de Lotbinière permet de comprendre la difficulté pour certains de boucler un budget.

Ainsi, un sac de 4 litres de lait 2 % se détaille à 7,25 $ alors que le carton de deux litres à 4,10 $. Cependant, selon les marques, le prix peut s’élever à près de 10 $ pour un sac de 4 litres de lait 2 %. Rappelons que la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec fixe le prix minimum du lait.

Quant aux œufs, le prix d’une douzaine de gros œufs de marque maison varie de 3,39 $ à 3,49 $. La douzaine d’œufs extragros se détaille entre 4,49 $ et 4,59 $. Pour le beurre, les marques maison se vendent à 5,99 $ la livre. Pour les marques nationales, le prix pour la même quantité peut grimper jusqu’à 8,49 $.

Le prix de la viande, lorsqu’elle n’est pas en promotion, varie selon la coupe. Le bœuf haché mi-maigre se vend entre 6,49 $ et 6,74 $ la livre. Dans un supermarché, la coupe pour préparer un rosbif se vend 20,65 $ pour 850 g alors que dans l’autre elle peut se vendre jusqu’à 24,23 $ pour 1 000 g. Dans un supermarché, on retrouve un emballage de quatre poitrines de poulet pour 14,09 $ et dans l’autre, un emballage de cinq poitrines de poulet s’élève à 18,72 $.

Tous ces prix étaient en vigueur le 3 mars.

Leave a Comment