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Ces minuscules araignées chassent des proies 700 fois plus grandes qu’elles

Si vous vous baladez dans les forêts tropicales de Guyane, vous rencontrez des toiles d’araignées géantes, plus longues que des autobus. À l’intérieur se trouvent des milliers de minuscules araignées d’un demi-centimètre de long qui attendent que leurs proies soient prises au piège, permettant aux petits prédateurs de se ruer sur leurs victimes pour les submerger.

« En groupe, elles peuvent capturer des proies qui sont jusqu’à 700 fois [plus lourdes] que chacune d’entre elles » telles que des acariens ou des sauterelles, explique Raphaël Jeanson, éthologue qui étudie le comportement des animaux dans leur environnement naturel au Centre de Biologie Intégrative de Toulouse. Anélosimus eximius est qualifié d’araignée « sociale », c’est-à-dire qu’elle vit dans de grandes colonies coopératives : un mode de vie extrêmement rare pour les arachnides.

Arachnophobes, ne vous inquiétez pas. Chacune de ces araignées ambrées d’Amérique du Sud est plus petite qu’une coccinelle et, même lorsqu’elles chassent en groupe, elles ne représentent aucun danger pour les êtres humains.

En réalité, nous même apprendre de ces araignées qui travaillent ensemble pour un objectif commun.

Dans une étude publiée cette semaine dans la revue américaine Actes de l’Académie nationale des sciences, l’auteur principal, Jeanson, et ses collègues, ont observé que c’était lorsqu’elles synchronisaient leurs mouvements que ces araignées capturaient le plus de proies. Plus concrètement, elles exécutent une sorte de danse de popping et de verrouillage qui voit chaque individu commencer et s’arrêter rapidement, tous en même temps.

Bien sûr, ce qu’elles font n’est pas vraiment une danse : elles exécutent ces mouvements dans le but de ressentir les vibrations des insectes pris dans leurs toiles, mais aussi de leurs compères participant à la chasse. Si toutes les araignées bougeaient à un rythme différent, cela créerait tellement de bruit qu’elles seraient incapables « d’entendre » les insectes pris au piège. Ainsi, en synchronisant leurs mouvements, les araignées détectent leurs proies plus facilement.

Cette stratégie alimentaire n’est pas sans risque : attendre trop longtemps pour permettre les mouvements peut permettre aux autres araignées de la même espèce d’accéder à la en premier. Les scientifiques ont observé que les récompenses de cette synchronisation, c’est-à-dire la capacité de localiser à la nourriture sur leurs toiles géantes avec précision, compensent ce risque et permettent ainsi à l’espèce de s’exécuter et de se partager le butin .

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