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faut-il craindre de nouvelles hausses ?

Pain, huile, lait, pommes de terre, viande, volaille : aucun produit alimentaire ne semble épargné par la hausse des prix en Algérie. En effet, depuis plusieurs mois, les ménages algériens doivent faire face à une hausse soutenue et brutale de la quasi-totalité des prix des produits alimentaires.

Dernier produit à voir son prix flamber : la pomme de terre. Cette semaine, son prix a atteint 140 DA le kilogramme sur les marchés d’Alger.

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Pour Mustapha Zebdi, président de l’association de protection du consommateur (APOCE), la flambée du prix de ce tubercule était « prévisible ».

« Cette hausse de prix était totalement prévisible. Nous l’avions annoncé il y a plusieurs semaines. Nous avions prévenu que si des mesures ne sont pas prises, le prix de la pomme de terre franchirait des niveaux jamais atteints », à-il dit ce mercredi, 9 mars, à TSA.

Pour le président de l’Apoce, cette augmentation s’explique par deux facteurs : un manque de régulation et une augmentation des coûts de production des légumes.

« Ce qui arrive actuellement est prévisible lorsqu’il n’y a pas d’intervention des offices et des services compétents de régulation. C’est une situation provoquée par une non réaction, mais aussi, par l’augmentation des coûts de production des légumes de manière générale », résume M. Zebdi.

De son côté, Hazab Benchohra, secrétaire général de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) explique cette envolée du prix de la pomme de terre par trois facteurs : la sécheresse, « la peur » quant à la réglementation en vigueur et l’augmentation des prix des produits agricoles.

« La réglementation en vigueur oblige les producteurs et les pommes de terre à limiter leurs productions parce qu’ils n’ont pas le droit de les stocker. Le commerçant, lui, en raison de la nouvelle réglementation, a peur d’acheter des quantités importantes », développe-t-il.

M. Benchohra poursuit : « Il y a aussi le problème de la sécheresse. Nous n’avons pas eu beaucoup de pluie cette année. Il y a aussi l’augmentation du prix des engrais, de la semence et des différents produits agricoles. Tout est cher. Le matériel agricole est excessivement cher et introuvable. La main-d’œuvre agricole est inexistante. »

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Selon le secrétaire général de l’UGCAA, tous ces paramètres justifient que la pomme de terre « se fasse rare maintenant », et permettent de dire que « son prix va continuer d’augmenter ».

Pour M. Benchohra, « c’est inévitable », prochainement, le prix de la pomme de terre « va dépasser les 150 DA ».

« L’augmentation du prix du pain n’est pas à l’ordre du jour »

Outre la pomme de terre, le prix de la viande blanche devait flamber à cause de la hausse des prix du maïs qui ont augmenté ces derniers jours à cause de la guerre en Ukraine, l’un des principaux exportateurs mondiaux.

Après avoir atteint le record de 376 euros la tonne le 3 mars, le maïs s’est replié à 346,25 euros la tonne ce mercredi 9 mars, selon les sites spécialisés. Or, le maïs est l’un des principaux aliments de volaille en Algérie.

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Autre produit de grande consommation qui revient au-devant de la scène : le pain. Après avoir protesté début janvier dernier, les boulangers algériens sont revenus à la charge en ce début mars pour réclamer à nouveau l’augmentation du prix de la baguette ordinaire à 15 dinars.

Des déclarations attribuées au président de la Fédération des boulangers (FNB), Youcef Kalfat, selon demandé le prix de la baguette de pain passera à 15 DA à partir du 10 mars.

Une information démentie par le président de l’association de protection du consommateur et par le secrétaire général de l’Union générale des commerçants et artisans algériens.

« L’augmentation du prix du pain n’est pas à l’ordre du jour. Il s’agit là uniquement d’un dépassement du président de la Fédération nationale des boulangers », a déclaré M. Benchohra,

M. Zebdi rappelle que le prix du pain est subventionné en Algérie. « Il n’y a pas d’augmentation du prix du pain », assure-t-il, tout en lançant un appel à « toute personne qui se sent lésée et constate une augmentation anormale du prix de la baguette de pain ordinaire » à prendre attaché avec son organisme « pour saisir les services compétents » .

« On ne peut donc pas dire que la situation est complètement maîtrisée »

Ces derniers mois, à deux reprises, les Algériens ont été confrontés à une crise de l’huile de table. Introuvable, ce produit de grande consommation était en rupture de stock dans plusieurs commerces du pays.

Une rareté du produit, justifiée, entre autres, par la spéculation, des achats massifs rendus par les consommateurs ainsi que par la décision de certains producteurs de réduire leur production pour des raisons financières.

Faut-il craindre une nouvelle pénurie d’huile à l’approche du mois de ramadan ? Pour le secrétaire général de l’UGCAA, « il n’y a pas de soucis à se faire à ce sujet ».

« Avant la pénurie, les besoins en huile de table étaient à 48.000 tonnes par mois alors que la production était à 52.000 tonnes. Nous avons toujours eu 4.000 tonnes d’excédent. Le problème, à ce moment-là, est qu’il n’y avait pas la marge bénéficiaire du petit commerçant », at-il dit.

M. Benchohra assure qu’ »il n’y aura pas de pénurie » de ce produit de grande consommation qui a connu deux crises en moins d’une année.

« La production est tellement importante. Que ce soit pour le ramadan, ou pour le reste de l’année, il n’y aura pas de problème d’huile », at-il rassuré.

Prudent, le président de l’Apoce, estime qu’ »il y a des choses imprévisibles. » « La situation est en principe efficace. La production est abondante. Mais notre marché est mal régulé, donc rien ne peut être écarté. On ne peut donc pas dire que la situation est complètement maîtrisée », explique M. Zebdi.

Cependant, certains se préparent à faire face à une crise de l’huile, à cause de la guerre en Ukraine. Ce pays est l’un des plus grands producteurs de graines de tournesol. La Russie, grand producteur de graines en Espagne, les supermarchés limitent désormais l’achat de l’huile à une bouteille par jour et par personne.

En Algérie, qui a les moyens de subvenir à ses besoins avec la flambée des prix du pétrole, le gouvernement ne dit rien sur la hausse des prix des produits alimentaires et de l’aliment de bétail. Seul le ministre de l’Agriculture est rassuré sur l’existence d’un « stock suffisant » de céréales pour 2022.

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