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L’épidémie de Covid après la fin du masque, d’après l’Institut Pasteur

CORONAVIRUS – “Il faut se détendre : ça remonte partout, mais les capacités hospitalières ne sont plus surchargées et tout le monde se vaccin.” Voici ce que glisse ce jeudi 10 mars au HuffPost un poids lourd du gouvernement au sujet de l’avenir de l’épidémie de Covid-19, dans un contexte où les contaminations se répartissent légèrement à la hausse en France. Un message de pondération accrédité par la modélisation publiée au même instant par l’Institut Pasteur.

L’équipe du modélisateur Simon Cauchemez dévoile en effet de nouvelles hypothèses concernant l’évolution du coronavirus juste avant que les mesures sanitaires soient allégées le 14 mars prochain ; le masque ne sera plus obligatoire que dans un petit nombre de circonstances. Et bonne nouvelle : quelle que soit l’ampleur du relâchement, les chercheurs envisagent un pic de contaminations bien moindre que celui du mois de janvier dernier.

Une 6e vague sans commune mesure avec celle de janvier

Ainsi, que les Français relâchent leur vigilance au 14 mars, comme vont le permettre les autorités, ou une semaine plus tôt, les modélisations de l’Institut Pasteur ne permettent pas d’explosion du nombre de cas similaires à celle du début d’année . À cette époque, fin janvier, plus de 300.000 cas quotidiens avaient pu être dépistés en moyenne sur une semaine.

La, comme vous pouvez le voir sur les graphiques ci-dessous, dans la pire des hypothèses (en violet), le maximum de nouveaux cas quotidiens n’excéderait pas 170.000. Et encore, ce serait dans un cas extrême, où la transmission du Covid augmenterait de 130% par rapport à la période janvier-février (à laquelle les mesures étaient plus strictes).

Pour rappel, Pasteur précise qu’au mois de novembre dernier, où les mesures de contrôle étaient particulièrement laxistes, les taux de transmission n’étaient « que » 60 à 70 % plus importants qu’en janvier-février. L’hypothèse la plus extrême pour les semaines est donc particulièrement pessimiste et la réalité pourrait se situer en deçà.

Quelle durée pour l’immunité ?

Ou ces escomptes sont loin d’être des anodines. Elles mettent en évidence que l’immunité conférée par Omicron et la vaccination permettent mécaniquement de limiter l’ampleur future de l’épidémie, même dans le cas d’un relâchement important des gestes barrières et des mesures sanitaires.

C’est d’ailleurs ce qu’observent les chercheurs depuis le 22 février, date à laquelle ils présentent un premier relâchement des comportements face au Covid, lié notamment aux vacances scolaires. Comme vous pouvez le voir ci-dessous, ils décèlent ainsi, selon les hypothèses, un plateau, voire un rebond limité. Des observations qui permettent d’envisager une sixième vague, si tant est qu’elle ait réellement lieu, sans commune mesure avec la cinquième.

Reste néanmoins une inconnue, et de taille : quelle est la durée de l’immunité conférée par une infection à Omicron ? De cela -et de la météo qui, selon toute logique, devrait être bien plus clémente au printemps- dépendra aussi de l’avenir de l’épidémie. Et c’est parce qu’ils ne possèdent que peu d’éléments à ce sujet que les chercheurs de l’Institut Pasteur refusent pour le moment de se projeter au-delà du 1er avril.

Sérénité et vigilance

S’ils ne disposent d’aucun indice évoquant une immunité particulièrement courte, il est pour autant impossible d’écarter cette possibilité. Ce qui leur faire dire : « Afin d’effectuer des projections à plus long terme, il sera important de prendre en compte le déclin de l’immunité et l’effet du climat sur la dynamique épidémique ». Affaire à suivre donc.

Par ailleurs, comme le prévoyait déjà l’équipe de Simon Cauchemez mi-février, la variante BA.2, “petit frère” d’Omicron aux caractéristiques très similaires, a bien continué de progresser en proportion des contaminations. Mais comme les chercheurs le pressentaient aussi, il n’a pas pour autant provoqué de nouvelles vagues massives de contaminations.

Néanmoins, le ministre cité plus haut appelle à ne pas crier victoire trop vite. « Il faut rester vigilant. À chaque fois que l’on annonce un assouplissement dans une situation calme, les cas remontent. Une sauvegarde face à laquelle le système de santé est néanmoins prêt à faire face, nous assurons-t-on. “Ce n’est pas parce que ça monte qu’il y aura un fort impact sur nos capacités sanitaires.”

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