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Arrêter de consommer du gras : les effets sur mon corps

Depuis la nuit des temps, l’industrie du régime est en guerre contre le gras. Pointés du doigt comme l’élément à éradiquer dans une démarche de perte de poids, les lipides sont les mal-aimés de la nutrition. Pourtant dans ce domaine, il convient de ne jamais mettre tous ses œufs dans le même panier.

“Il ne faut rien diaboliser, mais plutôt essayer de comprendre le rôle de chaque apports alimentaires pour savoir ce qu’ils apporteront à notre corps, parce qu’équilibrer veut dire ne pas exclure», confirme d’entrée Nina Cohen Koubi, médecin nutritionniste.

Alors, le gras, késako ? “Les lipides, c’est notre plus grosse réserve énergétique. En cas de manque dû à un jeûne ou une maladie et même en cas d’effort intense, c’est un peu notre roue de secours », explique notre experte.

Que se passe-t-il donc dans notre corps quand cette roue de secours est supprimée ? Réponses éclairées et mesurées.

Ne pas diaboliser le gras pour ne pas abîmer sa santé

Au-delà de constituer cette réserve énergétique qui nous permet de fonctionner correctement, les lipides sont également indispensables à la bonne structuration des membranes de nos cellules.

« Si le passage du glucose s’opère bien par exemple, c’est grâce aux phospholipides », éclaire Nina Cohen Koubi. Avant d’ajouter que “lune fluidité cérébrale se fait grâce au passage des neuromédiateurs facilité par les lipides et évite ainsi les difficultés de concentration et d’apprentissage et les troubles de l”’.

De même, le gras est essentiel au bon transport des vitamines dans notre organisme. “Il y a des vitamines dites liposolubles”, confirm-t-elle, précisant que ces dernières – les vitamines A, D, E et K – “ne peut passer qu’à travers des matières lipidiques, donc si nous pouvons les absorber et les utiliser, c’est grâce au gras”.

Essentielles au huilage des rouages ​​de notre organisme, ces vitamines nous permettent immunité, bon fonctionnement de la rétine, lutte contre le vieillissement de la peau, prévention contre les maladies neurodégénératives, ou encore bonne fabrication des hormones sexuelles.

Reconnaître les types de lipides pour différencier les bienfaits

Pour toutes ces raisons, il est donc préférable de ne pas se priver du gras, même dans une démarche de perte de poids. Pour autant, savoir reconnaître les différentes sources et leurs différents apports est bien utile pour calquer notre alimentation sur nos besoins personnels.

Nina Cohen Koubi explique qu’il existe différents types d’acides gras : les saturés, les mono-saturés et les poly-insaturés. Pour les différencier, l’experte nous donne des clés.

“Les premiers sont solides à température ambiante”, commence-t-elle avant d’énumérer le beurre, le fromage ou encore la charcuterie. Les secondes sont les Oméga 9, que l’on retrouve dans l’huile d’olive, les noix, les pistaches, “ceux-là avaient mauvaise presse avant que l’on prouve qu’ils permettent le système cardiovasculaire”, rappelle Nina Cohen Koubi.

Enfin, les poly-insaturés sont ceux que l’on appelle les acides gras essentiels car ils ne sont pas synthétisés par le corps. “Ce sont les Oméga 3, présents dans les poissons gras, les graines de lin et de chia et essentiels au bon fonctionnement de la rétine et du système nerveux, ainsi que les Oméga 6, eux présents dans l’huile de tournesol et de pépin de raisin ».

Cependant, le médecin nutritionniste reste prudente, si les effets bénéfiques de ces acides gras sur la santé sont prouvés, tout comme il n’est pas recommandé d’éradiquer le gras de son alimentation, il s’agit de ne pas en consommer à foison . “Tout est une question d’équilibre, parce que, par exemple, consomme trop d’Oméga 6, bloque l’effet des Oméga 3 sur notre organisme”, prévient-elle.

Éviter les acides gras trans pour une bonne santé

Malgré tout, il existe une sorte d’acide gras qu’il faut limiter au maximum et qui peut même être oubliée de notre régime alimentaire : les acides gras trans.

« Ils sont très rentables pour notre santé. Ce sont les acides gras utilisés par l’industrie agro-alimentaire », explique Nina Cohen Koubi. En effet, les acides gras trans dits “d’origine technologiques” sont “synthétisés via des procédés industriels tels que l’hydrogénation des huiles végétales », comme le rappelle l’ANSES et se retrouve dans les chips, la margarine et autres biscuits.

“D’ailleurs, je ne conseille pas spécialement aux personnes de remplacer le beurre par de la margarine dans une démarche de perte de poids, puisque le premier de la vitamine A et l’autre des acides gras trans”, rapporte notre expert.

Si l’ANSES évoque que “les études épidémiologiques ont montré qu’une consommation excessive d’acides gras trans est associée à une augmentation du risque cardiovasculaire», il serait donc totalement justifié de les soustraire de notre alimentation.

Trier les lipides pour trouver l’équilibre

Cependant, c’est bien la seule source de gras qui doit être vue d’un mauvais œil. « Une carence dans les différentes vitamines transportées par les lipides peut mettre en danger notre santé », appuie Nina Cohen Koubi.

En effet, un manque de vitamine A vous apportera “une sensation de fatigue inexpliquée, un teint pâle, une perte de cheveux, des palpitations, une déprime”, un déficit en vitamine E “une faiblesse musculaire, une anémie, une atteinte de la rétine et de la motricité de l’œil », une carence en vitamine D « une faiblesse de l’immunité, de la minéralisation musculaire, des douleurs musculaires, des troubles de la menstruation, une baisse de libido » et trop peu de vitamine K dans votre organisme pourrait entraîner « une mauvaise coagulation du sang, des ecchymoses et des hémorragies internes et sous cutanées », liste le médecin nutritionniste.

Sur l’a donc bien compris, si le gras devient votre ennemi numéro un, les répercussions sur votre corps seront nombreuses. “C’est très dangereux pour la santé, si on épuise les apports en gras, le fonctionnement des cellules peut être défaillant», résume Nina Cohen Koubi.

“Bien sûr, il ne faut pas manger en permanence du gras mais il faut faire les bons choix, comme privilégier l’alimentation de type méditerranéen qui va limiter les acides gras saturés sans les supprimer”, conseille notre experte qui recommande un “jeu d “équilibre et non restriction”.

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