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Covid-19 : Omicron, BA.2, l’épidémie flambée… la stratégie du gouvernement est-elle dépassée ?

l’essentiel
L’allègement des mesures sanitaires est entré en vigueur le 14 mars reste d’actualité. Pourtant les nouveaux cas de Covid-19 sont en forte hausse avec plus de 200 000 contaminations mardi. Faut-il revoir cette stratégie ?

217 480 nouveaux cas positifs de Covid-19 ont été enregistrés le mardi 29 mars 2022 par Santé publique France. Il faut remonter au 8 février dernier pour trouver plus de 200 000 cas dans un bilan quotidien. Dans les hôpitaux, le nombre de patients revient à la hausse mais le nombre de cas graves baisse légèrement.

Pas question pour autant, au sommet de l’Etat, de revenir sur les mesures sanitaires en vigueur depuis le 14 mars. Alors faut-il revoir la stratégie appliquée par les autorités françaises contre le Covid-19 ?

Faut-il remettre le masque à l’intérieur ?

“La stratégie française ressemble aux autres stratégies européennes, elle n’a pas de laxisme particulier”, commente le Pr Antoine Flahault, épidémiologiste et directeur de l’Institut de santé globale à Genève. À une différence près : l’Italie a conservé le port du masque en intérieur, l’Autriche l’impose de nouveau. En France en revanche, le masque n’est plus obligatoire sauf dans les transports en commun, les établissements de santé et les établissements médico-sociaux. Le Pr Flahaut estime que, dans l’Hexagone, le port du masque devrait être réintroduit dans les locaux intérieurs – commerces, entreprises ou école.

Le port du masque permet en effet de diminuer la charge virale infectieuse, même s’il ne réduit la transmission que de 10 à 15 % seulement, d’après les derniers chiffres connus, alors qu’Omicron et le variant BA.2 restent très contagieux. “Remettre le masque est une mesure qui peut faire vraiment la différence en termes de formes graves, donc d’hospitalisations de personnes vulnérables, et de Covid-long. Et cela, on mettra du temps avant de s’en rendre compte”.

Trop de laxisme pour les cas contacts ?

Actuellement, si une personne positive doit toujours s’isoler, les autorités sanitaires ont lâché du lest pour les cas contact.. Ces derniers doivent simplement se faire tester à J+2 sans s’isoler, ni porter de masque dans l’intervalle. Un laps de temps pendant lequel elles peuvent contaminer d’autres personnes si le test PCR ou antigénique se révèle positif. “C’est un problème de coût/bénéfice, si je puis dire. Quand on regarde le coût social, humain de mesures fortes, au regard des bénéfices attendus, on peut se poser des questions sur leur intérêt”, explique le Pr Antoine Flahault . Lors des précédentes vagues, l’isolement forcé des cas contacts avait ainsi provoqué la crainte d’un blocage général de la société.

Omicron et BA.2 ont changé la donne

“La durée de la période contagieuse est tellement courte, la transmissibilité est tellement forte, que les pays ont subi un changement de stratégie avec Omicron”, commente le Pr Flahault. “Nos populations sont très vaccinées, Omicron s’avère beaucoup moins dangereux chez les vaccinés, les hôpitaux ne sont pas à la limite de la saturation. Omicron a changé l’épidémie. On a décidé de ne plus tester, tracer, isoler de la même façon ou de façon aussi exhaustive qu’avant”.

La méthode radicale reste le Zéro-Covid appliqué en Chine pour isoler ponctuellement et tester des millions de citoyens. Une méthode qui passerait sûrement mal aujourd’hui en Occident, deux ans après le premier confinement.

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