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Covid19. Sept questions sur cette sixième vague qui n’en finit pas

Le rebond de la vague de Covid-19, lié à la variante Omicron BA.2, pourrait bientôt atteindre son pic, un peu plus tardif qu’espéré. Voici les sept questions que pose cette sixième vague de coronavirus qui semble ne pas finir.

À quand le pic des contaminations ?

« Ça augmente tous les jours. On est passé à 47 % de tests positifs. On n’a aucune idée de ce qui va se passer », souffle François Blanchecotte, président du syndicat des biologistes médicaux. Qui s’attend à de nouveaux enregistrements en matière de tests réalisés quotidiennement.

Évoquant les modélisations de l’Institut Pasteur, le ministre de la Santé, Olivier Véran estimait le 16 mars, sur France Info, que le pic du rebond épidémique aurait atteint « pour la fin mars ». Un excès d’optimisme ? Et d’ailleurs, faut-il parler de rebond ou de nouvelle vague, lié au sous-variant BA-2 d’Omicron (qui représente près de 70 % des contaminations mondiales) ?

Pour le professeur Antoine Flahault, directeur de l’Institut de santé globale de Genève, il faut bien parler de nouvelle vague : « Elle a démarré en France début février. Si elle se comporte de la même façon que dans des pays limitrophes, comme les Pays-Bas, la Suisse et l’Allemagne, le pic devrait bien être atteint dans les prochains jours, avec une décrue peut-être rapide. »

Jusqu’où les contaminations peuvent-elles monter ?

En raison d’une immunité croisée (même imparfaite) entre le sous-variant BA.1 et BA.2 d’Omicron, le nombre de cas positifs « ne devrait pas dépasser 60 % de la première vague Omicron », estime l’épidémiologiste. C’est en tout cas ce qui a été constaté dans des pays aux caractéristiques vaccinales proches de celles de la France. « Le cas du Danemark a été particulier. Les vagues BA.1 et BA.2 se sont récupérées. Cela a donné une vague plus haute mais plus courte. »

Peut-on être réinfecté une deuxième fois par le variant Omicron ?

La réinfection par le variant Omicron après avoir été touché par Delta est commune, et être recontaminée par le sous-lignage Omicron BA.2 après avoir subi Omicron BA.1 ne semble pas exceptionnel. « Dans les labos, on voit des jeunes qui ont été positifs au sous-variant BA.1 d’Omicron être de nouveaux positifs au sous-variant BA-2, dans un délai assez court, inférieur à deux mois »assure François Blanchecotte.

Se basant sur une étude danoise, Santé publique France estime, dans sa dernière analyse de risque des variantes, que le phénomène était rare. Pour Vincent Enouf, responsable adjoint du Centre national de référence des infections respiratoires, il « n’est pas important en population générale ». Plusieurs études démontrent également que les anticorps protégés de la même façon sur les deux sous-lignages.

Cependant, les réponses immunitaires à Omicron diminuent plus rapidement qu’avec les autres variantes, et une infection réprimée par Omicron ne génère pas une très bonne protection. Le taux de réinfection BA.1-BA.2 est sans doute sous-estimé.

Lire aussi. Covid19. Pourquoi peut-on être infecté malgré 4 doses de vaccin et le respect des gestes barrières ?

Quelles conséquences attendues pour l’hôpital ?

« On n’a pas d’inquiétudes immédiates », reconnaît le professeur Gilles Pialoux, chef du service des maladies contagieuses à l’hôpital Tenon. La tension hospitalière est réduite, aux alentours de 30 % et les internautes de l’Institut Pasteur ne font pas peur de saturation. Mais l’état des forces de l’hôpital public continue à se dégrader, avec plus d’absentéisme, plus de burn out, plus de départs. On essuie une vague moindre dans un hôpital plus affaibli. »

Antoine Flahault craint plus les conséquences sanitaires à moyen terme : « Y at-il une épidémie dans l’épidémie, avec les Covid longs ? Va-t-on avoir une épidémie de maladies chroniques résiduelles ? Je suis un peu inquiet. »

L’épidémie de grippe peut-elle changer le pronostic ?

Pas facile de détecter d’emblée qui est grippé de qui est covidé. Le biologiste François Blanchecotte regrette que « l’assurance maladie ne rembourse pas des tests PCR grippe et Covid », qui permettraient de mieux discriminer les maladies aux symptômes, tout au moins pour les cas bénins.

« L’épidémie de grippe est une caricature cette année, pas très forte mais complètement décalée dans le tempsconstate Gilles Pialoux. C’est un plaidoyer en faveur des gestes barrières. Elle a décollé quand on les a relâchés. »

Faudrait-il se re-masquer temporairement ?

C’est une question laissée à l’initiative individuelle, sauf dans les établissements de santé, les Ehpad et les transports en commun. « Sur l’a imposé dans nos labos », souligne François Blanchecotte. Et de nombreuses pharmacies affichent encore un « port du masque obligatoire » à leur entrée.

« J’ai exprimé mon agacement qu’on ait lancé les masques par dessus la tête dès le 14 mars, en oubliant qu’il y a 9 millions de personnes non vaccinées, grimace Gilles Pialoux. J’ai utilisé une formule provocatrice en disant que l’on aura les vagues qu’on mérite. Mais le message est qu’on n’est pas obligé de lâcher la vaccination et le masque quand ce n’est plus obligatoire. »

Y at-il déjà des signes d’un futur vague ?

La forte circulation du virus dans le monde favorise l’émergence de nouvelles variantes. Si le variant XD (le fameux hybride de Delta et Omicron) ne semble pas prendre, d’autres succéderont certainement à Omicron. « On constate que les vagues se succèdent à un rythme de plus en plus rapideconstate Antoine Flahault. Il n’y a eu que quelques semaines entre BA.1 et BA.2. Il est possible que nous ayons un répit estival mais d’autres variantes vont remplacer Omicron. »

Il faudra au minimum revacciner les plus fragiles. Gilles Pialoux constate : « On voit déjà arriver à l’hôpital des personnes assez jeunes avec comorbidités, qui ont eu leur rappel début novembre. »

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