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Le Courrier du Sud | La Montérégie unie pour partager les surplus alimentaires

La Montérégie ouvre les portes de son garde-manger. Sains et Saufs, une plateforme innovante, vise à mettre en relation les producteurs alimentaires et des organismes afin de lutter contre les pertes et le gaspillage.



« Le projet va assurer une synergie entre les organismes, les organismes et les citoyens, mentionne Réjean Prince, directeur régional de la Montérégie pour le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation. Il va rendre accessible des aliments frais et sains à la population.



Sains et Saufs émergent de la Stratégie bioalimentaire Montérégie. Inspirée par une initiative mise de l’avant en Estrie, elle visait à contrer les surplus de production des maraîchers. Le tout dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre et avec une insécurité alimentaire croissantee. En Montérégie, chaque jour, plus de 100 000 personnes ne mangent pas à leur faim. Ce qui contraste avec le fait que cette région est désignée comme garde-manger du Québec en raison de la production de 35 % de la production de l’ensemble du Québec.



«Il est impératif d’agir, ajoute Patrick Bousez, président de la Table de concertation régionale de la Montérégie et maire de Rivière-Beaudette. Avec différents acteurs du milieu, nous sommes regroupés vers une vision d’un système alimentaire plus durable et résilient.»



L’an dernier, avec seulement 15 initiatives, plus de 200 tonnes d’aliments ont été récupérés en Montérégie. Ils ont été cuisinés ou revalorisés par des organismes qui les ont ensuite redistribués dans leur communauté.


Une plateforme évolutive
Ce premier constat permet à Sains et Saufs de croire que son projet portera ses fruits rapidement. La plateforme évolutive permet aux producteurs et aux organismes de faire connaître leurs besoins. L’approche rassembleuse permet aussi aux bénévoles de raconter leurs expériences. Une mobilisation alimentaire sans précédent qui nourrit les esprits. «Il y a de la volonté de tous les acteurs, confirme Jean-Claude Guérin, copropriétaire de la Ferme Maraîchers JPL Guérin et Fils et président du syndicat local de l’Union des producteurs agricoles des Jardins-de-Napierville. La plateforme va nous aider à sauver du temps. C’est une épée de Damoclès pour nous; si on n’a pas le temps de vendre assez vite, nos légumes deviennent périmés et perdus.»



Selon lui, la plateforme sera bonne pour décentraliser l’information. Avec l’implication de tous les acteurs du milieu, il croit que l’initiative sera en mesure de faire quelque chose de vraiment beau.



M. Guérin espérait également que Sains et Saufs pourraient permettre de débloquer le glanage des légumes imparfaits, soit la cueillette des aliments laissés aux champs après la récolte. « Une carotte crochée est aussi nutritive qu’une carotte droite », at-il insisté.



Les organismes sont en recherche perpétuelle de ressources alimentaires, a confirmé Alexandra Imbeault, coordonnatrice de l’organisme Alternative Aliment-Terre. « Sains et saufs est un autre pas vers un autre système alimentaire plus sain, at-elle affirmé. La plateforme fournira des outils pour les citoyens qui souhaitent être bénévoles en plus de mettre en lumière les belles initiatives sur le territoire.



Le succès de Sains et Saufs sera évalué par la croissance de la plateforme et par l’augmentation de la récupération de la production a pour sa part témoigné Marie-Élaine Boily, coordonnatrice de la stratégie bioalimentaire Montérégie.


Hiérarchie de la récupération alimentaire
Réduire les volumes des surplus alimentaires générés
Donner les surplus alimentaires aux banques alimentaires et organismes communautaires
Détourner les déchets alimentaires vers l’alimentation animale
Ré-utiliser l’énergie produite par les huiles végétales et les déchets alimentaires à des fins industrielles
Enrichir les sols en nutriments
Élimination des déchets en dernier recours

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