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La “catastrophe perpétuelle” derrière nous ? Karine Lacombe “voit la porte de sortie” du Covid-19

C’est ce qu’affirme l’infectiologue et cheffe du service des maladies infectieuses et tropicales à l’Hôpital Saint-Antoine de Paris, auprès de The Conversation France

“Nous sommes en train de sortir de l’exceptionnalité Covid.” C’est en tout cas l’analyse de Karine Lacombe, infectiologue et cheffe du service des maladies infectieuses et tropicales à l’Hôpital Saint-Antoine de Paris, dans une interview à The Conversation France reprise par le quotidien régional Ouest-France.

Difficile à imaginer quand on sait que 217.480 nouveaux cas ont été confirmés mardi par Santé Publique France, et que le taux de reproduction du virus est actuellement à 1,3. Pour rappel, s’il est supérieur à 1, cela signifie que l’épidémie se propage. Ainsi la sixième vague de Covid-19 est bel et bien engagée, après une décrue progressive de l’épidémie amorcée en février.

Effet vaccination

“Le virus, actuellement le variant Omicron BA.2, n’a jamais disparu”, analyse Karine Lacombe. “Sa transmission ne s’est jamais interrompue. Pourtant, malgré l’augmentation par vague des cas positifs, on n’assiste pas à une augmentation en parallèle des hospitalisations et surtout des passages en réanimation.”

Les hôpitaux comptaient 21.688 malades du Covid-19 ce mercredi, un nombre éloigné des pics de l’épidémie, mais malgré tout en hausse de 5% sur une semaine. En soins critiques, le nombre de patients est quasi stable, à 1546 contre 1564 le mercredi précédent.

Selon elle, l’épidémie prend un autre virage par rapport à ses débuts en raison notamment de la vaccination. “On constate également l’effet de la vaccination au niveau des hospitalisations. Entre les personnes triplement vaccinées et celles qui sont doublement vaccinées, il y a moins d’hospitalisation et de décès chez les premières. Et l’immunisation se développe aussi suite à une infection.”

Par conséquent- expliquet-elle, “le profil des personnes qui sont actuellement hospitalisées, qui vont en réanimation et qui décèdent, est complètement différent de ce qui s’observe en début d’épidémie : ce sont majoritairement des personnes très âgées et immunodéprimées .”

Un virus désormais endémique

Pour Karine Lacombe, la France entre dans une nouvelle phase de l’épidémie du fait d’une population largement immunisée par le vaccin ou la guérison au virus. “Il semble effectivement que le profil de l’épidémie change : celle-ci devient vraisemblablement endémique.” Autrement dit le Covid sera en permanence dans notre société mais nous servirons à vivre avec.

“Aujourd’hui, pour l’heure, les signaux apparaissent plutôt positifs et malgré le très haut niveau de contamination, nous n’avons aucun indicateur qui soit au rouge à l’hôpital.”

Est-ce donc le début de la fin du Covid ? “Il y a des signes assez parlant : (à l’hôpital) le Covid est entré dans une espèce de… routine”, estime-t-elle.”Nous n’avons plus désormais de secteur qui lui soit demandé dédié (. ..) On est en train de sortir de l’exceptionnalité Covid, et ça c’est extrêmement important.

“On voit que l’on se dirige vers le ‘vivre avec’, que l’on passe un nouveau cap. Nous ne sommes enfin plus dans la catastrophe perpétuelle : on voit la porte de sortie.”

Une porte qui ne serait pas la disparition du Covid, mais la cohabitation avec lui.

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