>

Energies renouvelables, transports verts… Les pistes du Giec pour limiter le réchauffement

Dans le troisième volet de son sixième rapport d’évaluation publié ce lundi, les experts du Giec formulent plusieurs recommandations pour limiter les effets du changement climatique.

Réduction des énergies fossiles, transports verts, villes piétonnes… Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), qui publie ce lundi le troisième volet de son nouveau rapport, formule des recommandations pour atténuer le changement climatique et en limitant ses conséquences dramatiques.

Dans tous les scénarios, que ce soit pour limiter le réchauffement à 1,5 °C ou à 2°C – qui sont les objectifs de l’Accord de Paris adoptés en 2015 – “des changements rapides et profonds” s’imposent pour arriver à “des réductions immédiates” des émissions de gaz à effet de serre (GES), alerte le Giec. À commencer par “une réduction substantielle” de l’utilisation globale des combustibles fossiles.

Mais tout cela est encore possible : “Il y des options dans tous les secteurs pour réduire de moitié les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2030, des options qui ont d’ailleurs vu leur coût diminuer comme avec les voitures électriques ou les panneaux solaires”, assure Céline Guivarch, l’une des auteurs du rapport.

Voici les principales pistes esquissées par les experts.

• Aller vers une électricité verte

L’un des messages les plus importants du rapport, c’est “décarboner la production d’électricité et électrifier les usages pour parvenir à une consommation d’énergie bas carbone”, a expliqué Franck Lecocq, le directeur du Centre international de recherche sur l’environnement et le développement (Cired), lors du point presse organisé par la Fondation européenne pour le climat.

D’un côté donc, produire de l’électricité sans émettre massivement du CO2, donc sans passer par le gaz, le fioul ou le charbon. Ce qui passe par les énergies renouvelables – hydraulique, éolien et solaire. Et par le nucléaire ? Pour rappel, en France, 70 % de la production d’électricité provient de l’atome, ce qui explique notamment que le pays soit l’un des bons élèves en matière d’émissions de CO2.

Sur cette question de l’atome, le Giec ne se prononce pas. “Le rapport ne prend pas position et ne formule pas de recommandation, il dresse un panorama des connaissances pour permettre ensuite la prise de position”, précise encore Franck Lecocq.

Autre versant de cette politique : électrifier les usages, ce qui signifie notamment développer les véhicules électriques, voitures comme deux-roues, mais aussi investir dans la recherche de nouvelles technologies – biocarburants, batteries à hydrogène – moins émettrices de CO2.

• Développer des villes piétonnes, avec des immeubles zéro énergie

Pour les experts du Giec, les politiques d’urbanisme pourraient constituer une véritable “opportunité” dans la réduction des émissions de GES. “Les zones urbaines offrent des opportunités-clés”, assure Siir Kilkis, une des auteurs du rapport.

Toutes les villes pourraient ainsi atteindre l’objectif zéro émission en intégrant davantage de zones piétonnes pour limiter les besoins de transport, en favorisant les constructions zéro énergie – c’est-à-dire des bâtiments qui produisent et consomment la même quantité d’énergie – ou encore en développant les habitats collectifs.

“Pour le même nombre de ménages, les maisons unifamiliales nécessiteront plus de terrain, plus de matériaux de construction, plus d’eau et consommera plus d’énergie que les immeubles d’habitation, ce qui entraînera plus d’émissions de gaz à effet de serre”, pointe ainsi Yamina Saheb, l’une des auteurs principales.

• Recyclage, gaspillage alimentaire… Adopter un certain nombre de gestes individuels

Si la réduction des émissions de GES s’inscrit dans des choix politiques, notamment en matière de production d’énergie, elle passe également par des gestes individuels. Le Giec cite ainsi le recyclage à tous les niveaux, mais aussi l’adoption d’un régime alimentaire plus diététique.

Sur ce point, les experts précisent qu’un “régime alimentaire sain et durable” est favorable pour la santé tout en ayant un faible impact sur l’environnement. Il est “accessible, abordable, sûr et équitable”. En clair : un régime à base de céréales, légumineuses, fruits et légumes, noix et graines mais aussi carné, si l’élevage de ces animaux est “résilient, durable et faiblement émetteur de GES”.

Le Giec évoque encore la limitation du gaspillage alimentaire qui, à l’échelle de l’humanité – plus de 7 milliards de Terriens et Terriennes aujourd’hui, 10 milliards à l’horizon 2050 – pourrait faire réduire les émissions de CO2.

“Pour pouvoir prendre le train plutôt que l’avion, le bus ou son vélo, encore faut-il que les conditions de ce choix soient créées et qu’il y ait par exemple des pistes cyclables”, pointe Franck Lecocq, le directeur du Ciré.

“Mais si l’on cumule tout cela”, poursuit l’expert, “à l’horizon 2050, il y a un potentiel de réduction des émissions mondiales de 40% à 70%”.

Leave a Comment