>

Green-O : la meilleure cabane où poser ses valises dans le Montana

Lorsque l’Organisation mondiale de la santé a annoncé la pandémie mondiale en mars 2020, Jessie Royer a été l’une des dernières informées. À ce moment-là, l’athlète était au beau milieu de l’Alaska, où elle participait pour la dix-huitième fois à l’Iditarod, l’une des plus célèbres courses de chiens de traîneau du monde. À son arrivée, en troisième position, on lui a simplement dit : “Bonjour et félicitations, il faut rentrer chez vous tout de suite”, se souvient-elle. Jessie Royer me raconte cette expérience surréaliste depuis son traîneau, alors que huit de ses huskies nous entraînent dans la neige aux alentours de Placid Lake, dans le Montana. Comme un enfant, je veux tout savoir sur les chiens et leur pedigree, jusqu’au moindre détail.

Jessie Royer en train de faire une balade en traîneau tiré par des huskies.

Photo : Avec l’aimable autorisation d’Ella Riley-Adams

Les balades en chiens de traineaux à faire à Green-O

Cette balade en traîneau tirée par des huskies n’est que l’une des belles expériences que j’ai vécue durant mon long week-end dans l’Ouest américain. Je séjourne au Green-O, une résidence d’un nouveau genre, ouverte en juin 2021 par les créateurs de Pattes en l’air, ce ranch traditionnel devenu célèbre en se réinventant en hôtel. Le matin même, au cours d’un trail le long de la Blackfoot River, j’ai déjà eu la chance d’observer une Pyguarge à tête blanche (le fameux « aigle chauve »), tranquillement perchée. De retour au point de ravitaillement, mes guides m’ont servi un cidre chaud sur un feu de camp. La veille au soir, chacun des plats dégustés au bar s’est révélé aussi délicieux que surprenant. Comme l’entrée, spécialement adaptée à mon régime alimentaire, je suis végétarienne, composée d’une tranche épaisse de rutabaga marinée dans une huile d’échalote. Avant le dessert, un entremets de yogourt glacé au gin, accompagné de perles de tapioca d’estragon d’un vert éclatant, m’a permis de me rincer le palais. Deux exemples seulement des neuf plats du menu du soir.

Le plat « rutabaga & alliums ».

Photo : Avec l’aimable autorisation d’Ella Riley-Adams

“Gingembre & estragon.”

Photo : Avec l’aimable autorisation d’Ella Riley-Adams

Un menu à neuf plats ?

Pattes en l’air, ce sont des cabanes et autres huttes se déployant sur 15 000 hectares de terres destinées à l’origine à l’élevage ou à la culture. Depuis son lancement en 2005, Pattes en l’air n’a cessé de s’étendre et d’enrichir son offre à un rythme régulier. À l’époque, on parlait encore de “glamping” (contraction de glamour et camping, néologisme dont Pattes en l’air s’attribue volontiers la paternité) avec un petit sourire narquois. Aujourd’hui, c’est un marché qui s’élève à 569 millions de dollars, dont on estime qu’il va encore croître d’environ 20 % d’ici à 2026. Comme l’explique Laurence Lipsoncofondatrice de Pattes en l’air : « À mesure que l’on installait les tentes, on a vu arriver de plus en plus de familles. Du coup, maintenant, quand on a intégré un nouveau camp, on propose des tentes plus grandes, ou alors on ajoute des chambres. Mais si une tente de trois chambres est parfaite pour un groupe intergénérationnel, l’idée s’impose que la propriété avait aussi besoin d’espaces plus intimes, pour les couples ou les célibataires. Les clients de Vert-O bénéficier ainsi des mêmes commodités que ceux de Pattes en l’airl’intimité et les logements aux architectures étranges en plus (sans parler bien sûr des menus à neuf plats).

Les douze villas du Vert-O forment un cercle autour de son restaurant, La maison sociale. Pour ma part, je suis dans une “Tree Haus”, un chalet intégré dans un arbre, dont l’escalier en colimaçon mène d’abord à une pièce à vivre spacieuse, puis, si l’on poursuit l’ascension, à une chambres. Des cheminées procurent une douce chaleur aux deux étages. D’immenses baies vitrées sont comme une invitation à observer la nature, j’ai pu voir un cerf, et quelques écureuils parmi les pins de Ponderosa, et on dit que des ours s’y baladent également. Quand il pleut, le toit en métal fait résonner doucement les gouttes d’eau et ajoute une touche de romantisme à l’ensemble. Le chauffeur qui m’a conduit depuis l’aéroport Missoula, à une quarantaine de minutes d’ici, m’a chaudement recommandé de me faire servir l’une des délicieuses pizzas du Social Haus directement dans le jacuzzi situé juste sous mon doux perchoir .

L’intérieur d’un Tree Haus.

Photo : Stuart Thurlkill / Avec l’aimable autorisation de The Green-O

Une nuit à la belle étoile…ou presque

Jusque-là, difficile de rivaliser avec ce château miniature niché à cinq mètres dans les arbres… Mais c’était sans compter sur la Light Haus. Ici, c’est la location la plus prise, et on comprend aisément pourquoi. De grandes baies vitrées y tiennent lieu de murs et de plafond, y logent, c’est un peu comme passer une nuit à la belle étoile, mais bien au chaud à l’intérieur, dans le confort des draps de lin, assorti du luxe d’une cheminée sur la terrasse. On justifiera aussi le trio des Round Hauses, avec leurs élégants murs incurvés. Les quatre Green Hauses, quant à elles, sont équipées de verrières juste au-dessus des lits, qui seront à terme recouvertes de plantes pour en faire des toits végétalisés. Les cabanes se fondent déjà presque parfaitement dans la nature environnante, il deviendra bientôt difficile de les distinguer. “Cela nous a pris des semaines et des semaines pour parvenir à trouver l’emplacement idéal pour chaque cabane”, explique Laurence Lipson. Son équipe et elle ont eu la délicate mission de laisser la forêt aussi intacte que possible. Seuls deux pins sont arrivés à maturité ont dû être abattus pour la construction. Avec le nombre de jeunes arbres présents sur le site, Laurence Lipson ajoute : “D’ici cinq ans, la forêt sera si touffue que plus personne ne pourra voir la cabane de l’autre.”

.

Leave a Comment