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Climat et inflation : devenir végé pourrait faire partie de la solution

Le prix de la viande monte continuellement et ne semble pas près de redescendre. Et maintenant, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) affirme que l’une des solutions pour freiner les changements climatiques, c’est consommer des aliments à base de plantes. Est-ce que devenir végé est la solution ? En fait le point.

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Le GIEC, lui, semble croire que oui. Dans ce troisième rapport sur les changements climatiques, le groupe propose une foule de solutions pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C et l’adoption d’un « régime alimentaire sain, équilibré et durable », qui comprend essentiellement des aliments à base de plantes, se trouve parmi celles-ci.

Mais le GIEC n’exclut pas pour autant dans ses recommandations les aliments d’origine animale produits dans des « systèmes résilients, durables et à faibles émissions de GES ». C’est d’ailleurs un compromis que le groupe a dû faire face à la pression, notamment, des pays producteurs de viande et qui a invalidé la publication du rapport, a rapporté La Presse.

Quand on regarde les prix de la viande en épicerie qui ne cessent d’augmenter, on se dit que ce n’est pas si fou, au fond.

Le bœuf au banc des accusés

Mais c’est surtout le bœuf qui se retrouve au banc des accusés, souligne Sylvain Charlebois, directeurs principal du laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire et professeur à l’Université Dalhousie, car les prix du porc et du poulet n’ont pas augmenté au même rythme.

Depuis 2015, l’économiste estime que le prix du bœuf a bondi entre 30% et 50% en fonction de la coupe. «C’est beaucoup, au-delà de la moyenne», note-t-il.

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Les seuls autres aliments ayant connu une croissance aussi importante sont la nourriture pour bébé et les pommes de terre.

Difficile, cependant, d’expliquer l’intensité de l’inflation sur le bœuf. «La farine, le transport, la main-d’œuvre… Le cumul de tous ces facteurs-là fait que ça coûte plus cher», soutient M. Charlebois.


Femme achetant un paquet de viande au supermarché

Et quand on constate que le prix du tofu est le même qu’il y a 20 ans, pas étonnant que de plus en plus de consommateurs se tournent vers les protéines végétales pour se sustenter.

« La production animale est assujettie à beaucoup de variables qui peuvent influencer le prix : le climat, les sécheresses, le transport, la main-d’œuvre […] et même la COVID-19. Mais la production de protéines végétales est relativement stable. Même s’il y a une sécheresse, on est en mesure de produire des légumineuses parce que ça ne requiert pas beaucoup d’eau», explique-t-il.

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D’ailleurs, le prix est désormais la motivation principale des Québécois et des Canadiens pour réduire leur consommation de viande au profit des alternatives végétales, fait valoir Sylvain Charlebois.

« Plutôt que d’en acheter deux ou trois fois par semaine, on va peut-être opter pour en acheter une seule fois pour un beau samedi soir », dit-il.

Les prix des protéines végétales augmenteront-ils ?

Alors qu’on nous recommande de plus en plus de nous tourner vers les alternatives végétales pour des raisons environnementales et économiques, doit-on s’attendre à une augmentation des prix liée à une hausse de la demande ? Sylvain Charlebois croit que oui, car le marché pourrait y voir une bonne occasion d’affaires.


Femme achetant un paquet de viande au supermarché

Ou, pour l’instant, vous pouvez toujours compter sur les prix raisonnables des pois chiches, du soja, des lentilles et même des insectes pour consommer votre apport quotidien en protéines sans vous ruiner. C’est vrai si l’on s’en tient aux protéines de base, peu transformées, parce que les produits de type Beyond Meat coûtent cher, précise le professeur.

“Tout indique que la diète végétale va rester moins chère dans le temps que la diète omnivore qui inclut des protéines d’origine animale.”

Mais pas besoin de remplacer totalement la viande pour ménager votre portefeuille, indique M. Charlebois. À preuve : les ventes de porc demeurent stables et

« Je ne pense pas qu’on va sauver la planète en devenant végane, surtout que manger de la viande ça fait partie de nos traditions. Il y a une urgence d’agir [pour le climat]mais en compromettant la diète de certaines personnes, je ne suis pas certain», conclu-il.

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