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Derrière la “poutinophilie” de certains pays africains, la “détestation de l’Occident”

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À la une de la presse, ce mardi 5 avril, l’émotion toujours très vive, après la découverte de fosses communes dans des villages ukrainiens d’où l’armée russe s’est retirée. La défense, par plusieurs pays africains, de la position de la Russie sur l’Ukraine. De possibles exactions commises par l’armée malienne et des miliciens du groupe Wagner dans un village du centre du pays. Et le dernier rapport du Giec sur le climat qui recommande, entre autres, davantage de sobriété.

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À la une de la presse, l’émotion toujours très vive, après la découverte de fosses communes ukrainiennes dans des villages d’où l’armée russe s’est retirée.

Une femme agenouillée, pleurant son mari, tuée dans la banlieue de Kiev : “Il y aura un avant et un après Boutcha”, annonce La Croixqui évoquent de possibles “crimes de guerre” et “crimes contre l’humanité”, dont la justice internationale aura pour mission d’identifier les responsables, qu’ils soient militaires ou politiques.


Boutcha, Irpin mais aussi Hostomel, au nord de la capitale, ont été “les épicentres des exactions de l’armée russes”, selon Le Figaro, dont l’envoyée spéciale a interrogé Kateryna Haliant, une psychologue qui a dit avoir reçu des jeunes filles et des femmes affirmant avoir été violées par des militaires russes, dans les territoires occupés. Des histoires qui se ressemblent, “comme si les Russes devaient tout cela”, explique-t-elle. “D’abord, le matin ou l’après-midi, les soldats vérifiaient qui vivaient dans les maisons, puis ils revenaient le soir, tuaient les hommes du foyer, pillaient l’argent et les objets précieux, mangeaient et buvaient ce qu’ ils se trouvaient dans la maison et, quand ils étaient saouls, violaient les filles et les femmes”, raconte la psychologue. “Trois patientes de Kateryna Haliant, âgées de 16, 17 et 20 ans, ont presque totalement perdu la parole”, relate Le Figaro. Certaines sont si choquées qu’elles ne se souviennent plus de leur propre nom. Mais en plus des traumatismes qui bloquent les souvenirs et les mots, il y a les séquelles physiques. “Les jeunes filles que je prends en charge n’ont plus de dents : les Russes leur ont cassées, en plus de les avoir violées”, détaille la psychologue. “Pourquoi ? Par barbarie pure ? Pour les empêcher de parler ? Je ne comprends pas”.

Face à ces témoignages terrifiants, les appels à renforcer les sanctions contre Moscou se multiplient. Le Financial Times cite ceux des États-Unis et de la France en faveur d’une “escalade significative des sanctions contre la Russie”, Joe Biden proposant un procès pour crimes de guerre et Emmanuel Macron demandant l’interdiction des importations de pétrole et de charbon russes. Le président français n’appelle pas, en revanche, une interdiction des importations de gaz russe – qui restent cruciales pour l’Italie, l’Allemagne et certains pays d’Europe de l’Est. Outre-Rhin, “le gaz russe continue de couler” mais Le Spiegel fait état d’une “pression” et d’une “résistance” grandissantes contre cet état de fait. “L’Allemagne et d’autres pays de l’UE veulent-ils continuer à transférer des centaines de millions d’euros par jour vers la Russie, alors que le pays poursuit sa guerre d’anéantissement contre l’Ukraine ?”, interpelle le magazine allemand.


La Russie, dont beaucoup de voix africaines défendues, en revanche, la position sur l’Ukraine. Médiapart rappelle que si vingt-huit pays africains ont voté pour la résolution de l’ONU condamnant l’invasion russe, dix-sept se sont abstenus et huit n’ont pas pris part au vote. Une position qui s’explique par “les liens historiques de certains de ces pays avec Moscou, ceux noué plus récemment autour de partenariats militaires (comme au Mali et en République centrafricaine), la tradition de ‘non-alignement’ de certaines diplomaties du continent , ou encore des formes de dépendance économique”. Le site français évoque aussi l’expression d’une “détestation de l’Occident”. “La ‘poutinophilie’ (d’une partie des Africains) relève moins d’une adhésion à la politique russe que d’un rejet – sur fond d’anti-impérialisme – de l’Europe et de l’Occident”, selon le chercheur camerounais Paul-Simon Pratique. Médiapart cite aussi l’analyse de Remi Adekoya, enseignant de l’université de York, sur le fait que plusieurs dirigeants du continent espèrent peut-être aussi voir “la Russie leur sauver la mise si leur pouvoir est venu à être menacé, à l’image du régime de Bachar el-Assad en Syrie”.

En Afrique, toujours, l’armée malienne a indiqué avoir éliminé, à la fin du mois dernier, plus de 200 jihadistes à Moura, où des exactions auraient été commises, selon plusieurs sources locales. Courrier international relaye les interrogations de la presse africaine, sur ce qui s’est réellement passé dans ce village du centre du Mali. “On a envie d’applaudir à tout rompre cette grandiose illustration de la montée en puissance des (forces armées maliennes). Hélas, Amnesty International, la Mission des Nations unies pour le Mali et des témoins expriment leur préoccupation, si ce n’est leur indignation après que les militaires et leurs alliés russes ont tiré dans le tas le jour de la foire du village”, commente le quotidien burkinabé L’Observateur Paalga. Le journal estime que les Russes du groupe paramilitaire Wagner, venus prêter main-forte à l’armée malienne, “sont loin d’être blancs comme neige” et se demandent si l’armée malienne “peut tenir en laisse les oursons sibériens”.

En France, la campagne pour la présidentielle est dans sa dernière ligne droite, avant le premier tour, dimanche. Coup de projecteur, à droite, sur Valérie Pécresse. Dans un entretien au Figaro, la candidate des Républicains a répété ses critiques sur le fait que “cette campagne (aurait) été escamotée”. “Le président sortant a fui les débats et son scénario cynique était écrit d’avance : il veut un face-à-face avec les extrêmes”, accuse Valérie Pécresse, qui se présente comme “la femme à abattre”. Selon elle, il n’était pas question pour Emmanuel Macron d’avoir face à lui “une droite authentique, assumée, et porteuse d’un projet de rupture puissante”.

Un mot, enfin, du dernier rapport Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Le Giec affirme que le pic des émissions de CO2 doit être atteint au plus tard en 2025 pour limiter le réchauffement à 1,5 °C. Pour parvenir à cet objectif, les experts préviennent que les changements nécessaires sont majeurs et passent par l’accroissement des énergies renouvelables, mais aussi par une évolution des modes de vie et des usages de l’énergie, le maître-mot étant la “sobriété”. “. Concrètement, cela veut dire, par exemple : privilégier la marche ou le vélo à la voiture, réduire les déplacements en avion, limiter le recours aux appareils électriques ou encore adopter un régime alimentaire moins carné. C’est-à-dire, pour votre petit-déjeuner, ce matin : un jus d’orange pressé à la main et une petite tartine beurrée, plutôt qu’une tranche de bacon grillé. Bon pour la planète, et bon pour la ligne. Lu sur le site du Monde.

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