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Quand les meules de parmesan sont traquées numériquement pour éviter la falsification

On dit que c’est l’un des plus vieux fromages au monde, le plus copié aussi. Pourtant protégé par l’appellation Parmigiano reggianole célébrissime parmesan veut en finir avec la falsification en intégrant une étiquette numérique dans ses meules.

Au cours du deuxième trimestre 2022, quelque 100 000 meules de parmesan vont recevoir sur leur croûte une étiquette numérique de la taille d’un grain de sel. Pour l’instant, il s’agit d’une phase de test afin de mieux identifier les fromages produits sous l’appellation Parmigiano reggiano. Car seules les meules produites dans les provinces italiennes de Parme, Reggio d’Émilie, Modène et Bologne sur la rive gauche du Reno et dans la province de Mantoue sur la rive droite du Pô ont le droit de porter l’identification Parmigiano reggiano. Que ce soit la production du lait, sa transformation, son affinage et son conditionnement, toutes les étapes de fabrication doivent avoir été réalisées au sein de cette aire géographique.

Environ 300 fromageries alimentent aujourd’hui la fabrication de ce célébrissime fromage à pâte pressée cuite, dont l’affinage doit durer au moins 12 mois. C’est d’ailleurs la durée d’affinage la plus longue dans le répertoire des AOP. 2002, chaque meule porte une étiquette de caséine dotée d’un code alphanumérique unique et séquentiel, une sorte de carte d’identité censée authentifier l’origine, et donc d’éviter la falsification.

Association représentant des producteurs de fromage, le Consortium du Parmigiano reggiano une décision prise avec une entreprise de la technologie spécialisée dans le traçage numérique pour mieux protéger ses meules depuis leur production jusqu’à leur achat. Cette étiquette intelligente peut être scannée et révéler tous les détails propres à chaque meule grâce à l’utilisation d’un ancrage cryptographique. Pour mieux faire comprendre le principe, le Consortium explique qu’il s’agit d’un jumeau numérique que l’on peut créer pour tous types d’articles physiques.

En théorie, le terme parmesan doit être utilisé uniquement pour les productions de l’AOP, selon un arrêt pris par la Cour de justice européenne en 2008. Un avis qui n’a pourtant pas empêché certains géants de l’agroalimentaire américain d’ajouter de la cellulose dans ce qu’ils étiquetaient comme du « parmesan râpé ». L’affaire avait fait scandale en 2012 lorsque le gendarme étasunien de la sécurité alimentaire avait découvert cet ajout dans des paquets vendus chez Walmart.

En France, certains produits AOP sont également protégés par la présense de QR Code. C’est notamment le cas dans le domaine du vin, et plus particulièrement du champagne dont les négociants cherchent à lutter contre les fraudes.

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