Insolite. Cette quadragénaire souffrait du “fish odor syndrom” sans le savoir

Transpirer n’est jamais agréable mais pour certaines personnes, cela peut carrément virer au cauchemar. Sudation abondante ou odeur très prononcée peut même parfois perturber leur vie sociale.

Ce fut le cas, pendant une vingtaine d’années, de cette femme de 45 ans à l’odeur qualifiée de “nauséabonde” voire carrément digne “de poisson pourri”. Le phénomène était d’ailleurs amplifié lorsqu’elle mangeait certains aliments, dont du poisson qu’elle a fini par bannir de son alimentation, raconte le journaliste médico-scientifique Marc Gozlan sur un blog du Monde.

Le Syndrome d’odeur de poisson

Reçue en consultation au CHU de Tours, la quadragénaire a fait plusieurs examens. Les médecins lui diagnostiquent alors le Syndrome d’odeur de poisson (“syndrome de l’odeur de poisson”), un trouble métabolique qui se manifeste, comme son nom le laisse supposer, par une odeur pestilentielle.

Aussi appelé triméthylaminurie, ce trouble métabolique est lié à l’excrétion de triméthylamine (TMA) qui est la substance responsable de l’odeur désagréable. Considérée comme une maladie rare, la littérature médicale internationale était état de plus de 200 cas en 2011.

« L’accumulation de MAT étant exacerbée par l’alimentation et la période prémenstruelle, les symptômes peuvent être sporadiques, ce qui peut contribuer à retarder le diagnostic », précisent les chercheurs du CHU de Tours dans un article publié dans le numéro de mars 2022 de La Revue de Médecine Interne.

Un régime alimentaire spécifique

Enfin prochainee, la patiente de 45 ans s’est vue prescrire ainsi qu’un régime alimentaire faible en choline et ses précurseurs (lécithine et carnitine) : délivrés en trop grandes quantités par l’intestin grêle, ces toxines sont métabolisées en méthylamines , ce qui conduit à l’odeur désagréable de poisson.

Les patients atteints de triméthylaminurie, comme cette femme de 45 ans, doivent ainsi éviter les aliments riches en choline : lait écrémé, soja, poissons, œufs, crevettes, abats, poulet, noix, cacahuètes, haricots verts, petits pois, lentilles, bière , moutarde… L’éviction de ces nombreux aliments pouvant entraîner certaines carences vitaminiques, il est conseillé de procéder à une supplémentation en folates.

L’article paru dans de La Revue de Médecine Interne mentionner un autre cas de Syndrome d’odeur de poisson: une femme de 70 ans qui avait exclu d’elle-même toute viande et œufs, perdant alors 10 kilos, et dont la vie sociale était amputée par sa mauvaise odeur corporelle, symptôme de cette maladie atypique.

L’adoption du régime alimentaire adapté a, pour ses deux patients, permet justement de réduire et de contrôler les mauvaises odeurs et leur permet de retrouver un peu de vie sociale.

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