un risque de prééclampsie réduit grâce au régime méditerranéen

Une assiette riche en légumes, fruits, légumineuses, noix, huile d’olive, céréales complètes et poissons… voilà en substance à quoi correspond le régime méditerranéen, aussi appelé régime crétois. En privilégiant la variété des aliments, ce dernier est reconnu pour favoriser l’équilibre alimentaire et contribuer à préserver la santé. Et cela à plusieurs niveaux, de par sa richesse en fibres (qui participe notamment à l’équilibre du transit intestinal), en Oméga-3 (essentiels pour prévenir les maladies cardiovasculaires et le maintien de la santé mentale) et en excluant les aliments ultra -transformés, qui contiennent souvent des quantités importantes de sucre, de gras et de sel. Des chercheurs de la Johns Hopkins University School of Medicine ont souhaité s’intéresser aux bienfaits de ce régime alimentaire chez les femmes enceintes, et leurs résultats seront publiés dans le journal de l’American Heart Association.

Et pour cause, l’étude révèle que le fait de suivre un régime de type méditerranéen pendant la grossesse était associée à un risque réduit de développer une prééclampsie, une maladie liée à la grossesse caractérisée par une hypertension artérielle, des œdèmes importants et une perte de protéines dans les urines. Comme l’explique la revue Vidal à ce sujet, « la prééclampsie survient pendant la seconde moitié de la grossesse, à partir de 20 semaines d’aménorrhée et tient son nom du fait qu’elle peut conduire à une crise d’éclampsie, une complication grave qui se traduit par des convulsions, un peu comme une crise d’épilepsie. » Si la plupart des patientes accoucheront d’un bébé en bonne santé et se rétabliront rapidement, non traité, ce syndrome responsable d’un tiers des naissances de grands prématurés en France entraîne de nombreuses complications qui peuvent conduire au décès de la mère et/ ou de l’enfant.

Une alimentation la plus équilibrée possible, clés de voûte d’une grossesse en bonne santé

Or les chercheurs ont découvert que les femmes qui déclaraient suivre un régime de style méditerranéen avaient un risque réduit de 20 % ou plus de développer une prééclampsie globale, même après avoir pris en compte une variété d’autres facteurs de risque. « Nous sommes ravis de cette découverte qui renforce les recommandations selon qui suivront une alimentation saine est un moyen sûr de réduire le risque de complications de la grossesse. », souligne le Pr Anum Minhas, auteur principal de l’étude. Celle-ci a consisté à interroger 8 507 femmes âgées en moyenne de 28 ans inscrites à l’étude Boston Birth Cohort entre 1999 et 2014, un projet conçu pour étudier les facteurs génétiques et environnementaux associés aux naissances prématurées. Dans l’ensemble, 47 % des participantes à l’étude étaient noires, 28 % étaient hispaniques et les 25 % restantes étaient blanches ou de type caucasien.

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Les participantes ont été invitées à répondre à une enquête dans les 24 à 72 heures suivant l’accouchement, avec des questions activées sur la fréquence à laquelle des aliments de style méditerranéen ont été consommés tout au long de leur grossesse. Sur la base de leurs réponses, les participantes se sont vues attribuer un score de régime alimentaire méditerranéen et ont été réparties en trois groupes selon cette mesure. En parallèle, 10 % de ces mêmes femmes interrogées ont développé une prééclampsie. Après avoir ajusté des facteurs comme l’âge, l’éducation, l’état matrimonial, le tabagisme, les grossesses précédentes et l’obésité, les chercheurs rapportent que les femmes ayant obtenu un score les faisant appartenir aux groupes « moyen » et « supérieur » avaient respectivement 28 % et 22 % moins de risques de prééclampsie en comparaison des femmes appartenant au groupe avec le score le plus bas.

En outre, les femmes débutant une grossesse avec une hypertension artérielle avaient neuf fois plus de risques de prééclampsie que celles débutant une grossesse sans ce type d’antécédents tandis que celles connues d’un diabète préexistant ou d’obésité avaient deux fois plus de risque de prééclampsie que les femmes sans ces conditions. « Bien que nos découvertes renforcent le fait que l’adhésion à un régime alimentaire sain réduit les complications de la grossesse, des essais cliniques sont nécessaires pour évaluer avec précision les avantages du régime méditerranéen dans divers groupes de femmes enceintes. », jugent les chercheurs. Ces derniers notent cependant que cette piste de recherches simples efficaces sur l’alimentation saine est d’autant plus importante que les traitements médicaux pendant la grossesse sont examinés avec prudence pour s’assurer que les avantages l’emportent sur les risques potentiels pour la mère et l’enfant à naître.

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