>

Ruptures de stock de Doliprane dans les pharmacies : Sanofi reconnaît “des tensions”

publié le vendredi 22 avril 2022 à 15h03

Pierre-Olivier Variot, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO), confirmé auprès de La Dépêche du Midi jeudi 21 avril qu'”il ya(vait) une pénurie”. Les deux produits les plus en rupture sont les gélules 1.000 mg et le Liquiz enfants.

L’une des stars de cette pandémie se fait désirer.

Dans de nombreuses pharmacies, le Doliprane, médicament contenant du paracétamol comme principal actif, est en rupture de stock en gélule 1.000 mg et Liquiz, sa forme pédiatrique, alors que la demande reste très forte. Une maman a dû faire “quatre pharmacies avant d’en trouver. Les trois premières n’en avaient plus en stock”, at-elle expliquée auprès de La Dépêche du Midi. Toujours auprès du média local, Pierre-Olivier Variot, le président de l’Union de syndicats de pharmaciens d’officine (USPO), a confirmé qu’“il y a une pénurie et les deux produits les plus en rupture sont les gélules 1.000 mg et le Liquiz enfants. Heureusement, le sirop avec la pipette doseuse est revenu mais il y a eu aussi une pénurie.” De son côté, Sanofi, fabricant du Doliprane, a reconnu “des tensions” depuis plusieurs mois, le justifiant par “une augmentation inédite de la demande en pharmacie”.

Philippe Besset, président de la Fédération des Syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), a fourni des explications sur l’antenne de BFM Business : “Il y a effectivement une forte demande en paracétamol et Doliprane depuis deux ans. Et elle s’est encore accumulée avec l’épidémie de grippe hivernale”. le Dafalgan et l’Efferalgan : “il y en a plein”, a promis la FSPF.

Covid-19 : le paracétamol à privilégier

Contre lutter contre les symptômes du Covid-19, le ministre de la Santé Olivier Véran avait conseillé en mars 2020 de privilégier le paracétamol en cas de fièvre, car “la prise d’anti-inflammatoires (ibuprofène, cortisone…) pourrait être un facteur d’aggravation de l’infection”. Dans la foulée, l’OMS avait recommandé aux personnes présentant des symptômes similaires à ceux du Covid-19 de ne pas prendre de l’ibuprofène en automédication, sans prescription médicale. De son côté, l’Agence européenne des médicaments (EMA) avait souligné qu'”il n’y a actuellement aucune preuve scientifique établissant un lien entre l’ibuprofène et l’aggravation du Covid-19″.

Outre le Covid-19, l’épidémie de grippe, anormalement tardive cette année pour la saison, reflue en métropole, y compris pour la première fois pour les décès, selon le bilan hebdomadaire de Santé publique France, publié mercredi 20 avril. “Bien qu’en diminution, les indicateurs de la grippe étaient encore à des niveaux élevés marquant une circulation toujours intense des virus grippaux en parallèle du SARS-CoV-2″ la semaine écoulée, a observé l’agence sanitaire. Santé publique France réaffirme l’importance des gestes barrières et de la vaccination, notamment pour les plus à risque, les personnes âgées en tête.

La France va recommencer à produire du paracétamol dès 2023

Dès 2023, la France va recommencer à fabriquer sur son sol du paracétamol, selon le sous-traitant pharmaceutique Seqens en juin 2021, à l’occasion du lancement d’une nouvelle usine destinée à assurer cette production sur son site de Roussillon (Isère). Cette annonce intervient un après la présentation destinée par le président Emmanuel Macron d’une stratégie à relocaliser dans les trois ans toute la chaîne de production de cette molécule. La production de cette nouvelle usine, d’une capacité de 10.000 tonnes par an, est alimentée par les groupes pharmaceutiques Sanofi (Doliprane) et Upsa (Efferalgan) qui jusque-là se contentaient de conditionner en France le principe actif de ce médicament importé d ‘Asie.

Le montant de l’investissement nécessaire, qui est soutenu par le plan France Relance, n’a pas été rendu public. Leader mondial de l’aspirine, Seqens est aussi un important fabricant de paracétamol avec deux usines en Chine. Clin d’œil à l’histoire, Seqens a relevé que la plateforme de Roussillon avait été le dernier site en France à produire du paracétamol. L’usine avait été fermé en 2008 par son propriétaire d’alors, le groupe chimique Rhodia.

Leave a Comment