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Hérault : le crabe bleu en pince pour les lagunes du littoral et de l’étang de Thau

Le crabe bleu s’étend sur son territoire en Méditerranée. (©Facebook)

Le phénomène n’est pas nouveau, depuis les premiers crabes bleus ont été signalés en 2017 sur les plages du littoral méditerranéen et dans des étangs. Cinq ans après, l’invasion se développe, le crabe bleu squattant d’abord les lagunes du sud ces dernières années, d’abord localisées dans le Roussillon et dans le golfe du Lion, puis en faisant des ravages dans la faune et la flore jusqu’en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Paca.


Voilà en effet que la bestiole bleue étend son territoire à la côte languedocienne : il en pince désormais pour une zone au sud de Montpellier, à la Grande MotteCaron, Palavas les FlotsVilleneuve-lès-Maguelone ou encore Frontignan la Peyrade et le Cap d’Agde. Et ce crabe bleu qualifié d’agressif squatte également des zones de l’étang de Thau, autour de Sète et de Mèze, ainsi que les étangs de Leucate et de La Palme, dans l’Aude.

Écosystème

Cette espèce pose de gros problèmes pour l’écosystème. Originaire des côtes atlantiques américaines, ce crabe de 23 cm importé semble t-il par des navires remontant d’Espagne a colonisé dans un premier temps la lagune de Canet-en-Roussillon, dans les Pyrénées-Orientales, où l’espèce est capable de faire 15 km à la nage par jour. C’est là qu’elle est la plus présente, côté français. L’année dernière, les prises ont dépassé les 10 tonnesselon Pascal Romans du service d’aquariologie à l’Observatoire océanologique de Banyuls-sur-Mer.

Il chasse les oiseaux

Ce crabe provoque des dommages importants dans ces écosystèmes fragiles : il dévore presque tout ce qu’il trouve. « Le crabe bleu un régime alimentaire extrêmement diversifié et un déséquilibré toute la chaîne alimentaire », déplore Pascal Romans. Le bleu se nourrit de crabes vertsré’anguilles et de petits poissons. « On constate que certains oiseaux commencent à partir, parce que, vraisemblablement, leur nourriture n’est plus disponible », observe t-il. Un crabe chasseur d’oiseaux est mauvais signe pour la biodiversité.

Un cauchemar pour les pêcheurs

Ce crabe vorace est aussi un cauchemar pour les pêcheurs. « Il a des pinces extrêmement coupantes, donc, les filets classiques sont dévorés. Il arrive même à abîmer les filets renforcés », relève Pascal Romans. Le chercheur craint que les crabes bleus déstabilisent également l’économie de la conchyliculture, voiture, il a été aperçu dans les étangs de Leucate et de Thau. Ou alors, le crabe bleu adore les huîtres et les moules. Les préfets et la Région Occitanie consomment en compte ces inquiétudes : ils tentent de limiter leur prolifération et éventuellement les pêcheurs.

Les baigneurs fuient le crabe bleu et pour cause : ses pinces provoquant de blessures aux tombes. Pascal Romans confirme : « Il peut casser un doigt. On dit toujours aux gens de faire très attention, car c’est direct à l’hôpital. » Il faut aussi éviter d’y mettre un pied dessus.

Bas les pattes ! Le crabe bleu a toutefois une bonne réputation gastronomique : sa chaise est comestible et visiblement délicieux, selon les cuisiniers et les gourmets des côtes atlantiques, d’Espagne, de Tunisie et d’Asie qui inscrivent des préparations savoureuses aux menus. Mais, pour l’heure, pas encore de mets au crabe bleu sur les ardoises des restaurants et des paillotes héraultais.

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