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« Il n’y a pas que Doliprane dans la vie »


Laure Lechertier, directrice de l’accès aux marchés chez UPSA.

Thierry Daniel Vidal/« SUD OUEST »

Sanofi, votre concurrent, connaît des ruptures de stocks. Quelle est votre situation ?

Nous ne connaissons pas la même situation. L’état actuel de nos stocks nous permet d’assurer les livraisons dans les pharmacies, chez les grossistes, et de répondre à la demande de médicaments à base de paracétamol. Même si on constate des tensions mondiales en approvisionnement sur le paracétamol et certains matériaux de conditionnement (aluminium, carton), on peut assurer l’accès à nos médicaments.

Faute de Doliprane, il devrait y avoir un rapport sur vos produits. Cette situation d’abord initiale peut-elle vous mettre en tension à votre tour ?

Mécaniquement, il peut y avoir un rapport. Cela permet surtout aux patients et aux professionnels de santé de découvrir qu’il n’y a pas que Doliprane dans la vie… Il y a aussi Dafalgan et Efferalgan, des spécialités produites exclusivement en France. Et c’est à la fois notre stratégie de production française et notre stratégie d’approvisionnement en paracétamol (diversification des sources) qui est ici payante. Cela nous permet de maîtriser toute la chaîne de valeurs, d’être très agile avec une gamme de médicaments qui couvre tous les besoins, du nourrisson à la personne âgée. Contrairement à ce qu’on peut entendre.

En partenariat avec Sanofi et le chimiste Seqens, Upsa va contribuer à relocaliser la production du principe actif du paracétamol en France. Est-ce que cette relocalisation permettra d’éviter la situation que connaît Sanofi ?

Cette usine, qui sera créée en 2024, va garantir à la France une indépendance dans ce domaine-là même si on est obligé de diversifier les sources d’approvisionnement. Mais elle va nous protéger et va participer à l’autonomie stratégique du pays concernant un médicament aussi essentiel que le paracétamol. Et cette situation valide ce projet.

En disant qu’ « il n’y a pas que Doliprane dans la vie », cela suppose que le Doliprane a intégré le langage courant au point d’effacer le mot paracétamol ?

C’est vrai que c’est devenu un terme générique et cela occulte les autres solutions thérapeutiques. Upsa a des positions très fortes sur des marchés internationaux et, il y a quinze ans, nous étions les leaders du marché en France. Si on croit beaucoup au made in France, c’est parce qu’on envoie bien que c’est un moyen pour les patients de se réapproprier la marque.

Depuis le rachat d’Upsa par le Japonais Taisho, on perçoit une stratégie plus offensive. Ce qui n’avait pas été le cas durant la période américaine et la gouvernance BMS…

Il y a un plan stratégique avec un axe fort sur le paracétamol et le fabriqué en France. Sur une partie à la reconquête du marché, c’est certain. Et cette crise montre que nous sommes en première ligne et que nous sommes bien là.

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