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Listeria, Salmonelle… Ces bactéries dangereuses pour la santé qui contaminent notre nourriture

Une série noire d’aliments contaminés par différentes bactéries, potentiellement dangereux pour la santé, touche la France depuis quelques jours, entraînant une certaine inquiétude chez les consommateurs.

La semaine dernière, des contaminations à la bactérie Escherichia coli ont été liées aux pizzas de la marque Buitoni. Ce lundi, c’est le groupe Ferrero qui a rappelé plusieurs lots de produits kinder suspectés d’avoir un lien avec des cas de salmonellose, et mardi, ce sont des fromages qui ont été rappelés, susceptibles d’être contaminés à la Listeria.

Le cumul de ces annonces en quelques jours inquiète car ces contagions, majoritairement non graves, peut avoir des effets sérieux chez certains : deux enfants ayant développé des cas graves de syndromes hémolytiques et urémiques (SHU), sont ainsi morts après avoir mangé une pizza Buitoni .

“On estime que 600 millions de personnes, soit près d’une sur 10 dans le monde, tombent malades année après avoir consommé des aliments contaminés, que 420.000 en chaque meurent et qu’il en résulte la perte de 33 millions d’années de vie en bonne santé”, écrit l’Organisation Mondiale de la Santé.

· Salmonelle, Campylobacter et Escherichia coli

L’OMS classe ces trois bactéries “parmi les agents pathogènes d’origine alimentaire les plus courants qui touchent des millions de personnes chaque année et s’accompagnent de conséquences graves, voire mortelles”. La bactérie Campylobacter est ainsi “considérée comme la cause bactérienne la plus courante de gastroentérite humaine de par le monde par l’OMS”.

Les infections provoquées par ces bactéries sont la plupart du temps bénignes, mais peuvent entraîner des cas graves voire la mort de la personne contaminée. Les symptômes sont le plus souvent une accompagnée (parfois sanglante), accompagnée de douleurs abdominales, de fièvre, de céphalées (maux de tête) et de nausées ou encore de vomissements.

L’être humain contracte en général la salmonellose (maladie entraînée par la salmonelle) en consommant des aliments contaminés d’origine animale comme des œufs, de la viande ou encore du lait. D’autres aliments peuvent aussi transmettre la bactérie, comme des légumes mal lavés qui auraient été contaminés par du fumier.

Pour E. coli “les produits alimentaires concernés sont généralement la viande crue ou insuffisamment cuite, les produits laitiers au lait cru, et plus rarement les produits végétaux crus”, écrit l’Institut Pasteur, ajoutant que “les matières fécales des ruminants présentes dans le sol, dans le fumier et dans l’eau (mares, ruisseaux) sont aussi une source possible de contamination”.

Pour la bactérie Campylobacter également, « le mode de transmission le plus courant semble être l’ingestion de viande insuffisamment cuite et de produits de viande, ainsi que du lait cru ou non pasteurisé ou du lait contaminé », explique le ministère de la Santé canadien. “La consommation d’eau ou de glace contaminée est également une source d’infection reconnue”.

Pour éviter que ces bactéries se propagent, il est important de respecter des mesures d’hygiène strictes à tous les stades de la chaîne alimentaire. Dans les cas de graves conséquences, une réhydratation et un apport en électrolytes (minéraux) peuvent être recommandés. Un traitement antimicrobien est aussi recommandé dans certains cas d’infections par Campylobacter ou Salmonella, voire une antibiothérapie pour cette dernière.

· Yersinia enterocolitica

Moins connue, les infections à Yersinia “sont la 3ème cause de bactéries bactériennes en France et en Europe, après Salmonella et Campylobacter”, écrit l’Institut Pasteur. Dans cette famille, c’est la Yersinia enterocolitica qui est la plus étudiée en France.

Sa transmission se fait par voie féco-orale : via l’ingestion “d’aliments contaminés : principalement la viande de porc insuffisamment cuite, des végétaux crus ou de l’eau”, mais aussi “par contact direct avec des animaux ou des personnes infectés” et “par contact avec des eaux de surface, des boues ou des sols contaminés par des déjections d’animaux infestés”, écrit l’ANSES (Agence Nationale Sécurité Sanitaire de l’alimentation).

La Yersinia enterocolitica “provoque une entérite aiguë (inflammation de l’intestin ou de l’estomac) s’accompagnant de fièvre, nécessitant des douleurs abdominales, touchant toutes les classes d’âges, mais avec une prédominance chez l’enfant de moins de 10 ans”, explique l’Institut Pasteur.

La maladie reste “le plus souvent limité” et guérit sans traitement.

· Listeria

La contamination humaine par Listeria est essentiellement alimentaire. Cette bactérie “résiste au froid et peut donc proliférer dans le réfrigérateur et survivre dans le congélateur, mais est tuée par la chaleur. Les aliments crus sont ainsi les plus fréquemment contaminés”, note le ministère de l’Agriculture, qui liste les “fruits et légumes mal lavés, produits laitiers non pasteurisés et fromages au lait cru, viandes peu cuites, produits de charcuterie, poissons fumés et crus, coquillages crus, ou encore graines germées”.

Il est possible d’ingérer la bactérie et d’être porteur sain, c’est-à-dire de ne pas développer la maladie appelée listériose. Il s’agit d’une maladie rare en France, “avec environ 5 à 6 cas par million d’habitants par an, soit environ 400 cas chaque année”, note le ministère.

La listériose se traduit le plus souvent “par une fièvre plus ou moins élevée, accompagnée de maux de tête et, parfois, de troubles digestifs” comme des nausées, des vomissements associés, ou encore des vomissements, écrit le ministère français de la Santé. “Des complications neurologiques (méningite, encéphalite) peuvent survenir et mettre en jeu le pronostic vital de la personne atteinte”.

“Bien que l’occurrence de la maladie soit relativement faible, les conséquences graves et parfois fatales, notamment chez les nourrissons, les enfants et les personnes âgées compétentes parmi les infections d’origine alimentaire les plus graves”, souligne toutefois l’OMS, qui parle de “fausses couches chez les femmes enceintes ou de décès des nouveau-nés”.

La prévention pour éviter d’attraper cette maladie “consiste à éviter certains aliments”, par exemple chez la femme enceinte et le nouveau-né, pour qui la maladie peut avoir des conséquences graves, “et à respecter des règles d’hygiène précises lors de la préparation et de la conservation des aliments », précise le ministère de la Santé.

· Le bacille Vibrio cholerae

Si cette maladie, vrai fléau du XIXe siècle, a disparu de France, l’OMS estime qu’il y a encore une année dans le monde entre 1,3 et 4 millions de cas de choléra chaque, entraînant de 21.000 à 143.000 décès. Il s’agit d’une infection diarrhéique aiguë provoquée par l’ingestion d’aliments ou d’eau contaminés par le bacille Vibrio cholerae, “dont on peut mourir en quelques heures en l’absence de traitement”.

Cela dit, dans la grande majorité des cas, les sujets infectés ne présentent pas de symptômes, ce qui ne les empêche pas de transmettre la bactérie. « Moins de 20 % des malades ont développé l’ensemble des symptômes typiques du choléra, avec des symptômes de déshydratation retardés à sévère : violents évités abondants en ‘eau de riz’, vomissements, sans fièvre », écrit Santé Publique France.

Cette bactérie se transmet aujourd’hui le plus souvent dans des zones où l’accès à une eau potable et salubre est compromis. Ainsi, les “fortes concentrations de population, associées à une hygiène du milieu défectueuse”, comme c’est le cas par exemple dans les bidonvilles ou les camps de réfugiés surpeuplés “favorisent l’apparition et le développement des épidémies de choléra”, souligne FPS.

La mise en place de bonnes conditions d’hygiène (chloration adaptée de l’eau, lavage des mains, consommation d’aliments cuits et chauds), est essentielle pour prévenir la circulation du choléra. Des vaccins oraux existent également, ainsi qu’un traitement, qui consiste à réhydrater la personne infectée, et permet une guérison en quelques jours.

Salomé Vincendon Journaliste BFMTV

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