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faudra-t-il réduire la production des biocarburants au profit des aliments ?

Fabriqué à base de maïs, de colza ou de blé, est-ce réellement une bonne idée de continuer à produire le biocarburant utilisé pour faire fonctionner nos voitures ? RTL vous emmène à l’usine du Mériotdans l’Aube près de Nogent-sur-Seine, où se situe la plus grosse usine française de production de biodiesels à base de colza. C’est près de 150 camions qui y arrivent chaque jour chargés de graines.

Sans le savoir, une partie du carburant disponible dans les pompes à essence est en effet fabriquée à l’aide de ces aliments. 3,4% de la surface agricole cultivée de céréales est ainsi destiné à la fabrication de biocarburants. Le colza et le tournesol permettent de faire du biodiesel, tandis que le blé, le maïs et les betteraves à sucre sont utilisés pour faire de l’essence. Cette production représente néanmoins une vraie avancée sur le plan climatique : “La filière a été créée car elle avait aussi des avantages pour le climat. Les biocarburants émettent moins de gaz à effet de serre que le pétrole“, nous explique Christophe Beaunoir, le Directeur Général du site industriel Saipol Le Mériot.

Cette filiale permet aussi d’extraire ces graines de protéines végétales destinées à nourrir le bétail : “Pendant 30 ans, les éleveurs ont importé du soja du Brésil. Là-bas, le soja est cultivé à la place de la forêt”.

L’Europe veut limiter cette filiale

Mais à l’heure où les prix des aliments flambent, l’Europe a voulu fixer des limites à cette production. Il est ainsi interdit d’incorporer plus de 7% d’agrocarburants dans le gasoil ou l’essence. Les pays européens espèrent mettre bientôt au point du carburant à base de bois, branches ou paille. En résumé, des produits non comestibles. Les ministères allemands de l’Environnement et de l’Agriculture envisagent d’ailleurs de limiter rapidement ce type de production afin d’utiliser la majeure partie des céréales pour l’alimentation.

Aux Etats-Unis c’est la politique inverse. Le président américain Joe Biden souhaite encourager cette filière, alors même que près de 45 % du produit de maïs est déjà transformé en éthanol. Même a choisi au Brésil, où 55% de la surface de canne est destinée au biocarburant. Des chiffres qui posent problème pour les ONG humanitaires qui accusent ces producteurs d’affamer la population.

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