>

Le syndrome de l’odeur de poisson, qu’est-ce que c’est ?

Un dépistage précoce permet de mieux prendre en charge cette maladie, également appelée triméthylaminurie, qui peut être psychologiquement difficile à supporter.

Les causes

La triméthylaminurie, plus connue sous le nom de «syndrome de l’odeur de poisson» est une maladie rare, dite orpheline. Elle se caractérise par l’impossibilité pour l’organisme de métaboliser la triméthylamine (TMA), une molécule présente dans certains aliments (poissons, fruits de mer et crustacés en priorité) lors de la digestion. «Il faut différencier deux cas : le déficit total et le déficit partiel. Le premier, d’origine génétique, s’exprime très tôt chez les enfants, dès 8 mois, au moment de la diversification alimentaire. Le deuxième, le moins typique, se manifeste de façon intermittente à l’occasion d’un bouleversement hormonal (puberté, règles, prise de contraceptifs oraux et ménopause) ou à cause de facteurs environnementaux (apport alimentaire massif en TMA, prise de médicaments, déséquilibre de la flore intestinale)», explique le Dr Benjamin Hennart, pharmacien biologiste au service de toxicologie et génopathies du CHU de Lille.

» LIRE AUSSI – Risque cardiovasculaire : un score global pour mieux cibler la prise en charge

Les symptômes

La triméthylamine (TMA) qui n’a pas été métabolisée s’accumule dans l’organisme. Elle est éliminée par la sueur, l’urine, la salive et l’haleine qui dégagent alors une odeur de poisson extrêmement désagréable. L’intensité de cette odeur peut être forte, mais elle est généralement modérée et varie avec le temps. Ces symptômes sont difficiles à vivre. Ils peuvent entraîner un isolement, de l’anxiété, la dépression, voire des tentatives de suicide.

La prévention

Il faut rééquilibrer l’alimentation avec un diététicien ou un médecin nutritionniste. Il est aussi conseillé de se laver souvent avec un savon acide (pH de 5,5 à 6,5), de changer fréquemment de vêtements et d’éviter, dans la mesure du possible, les situations qui accroissent la transpiration (le stress, les émotions fortes et l’exercice physique intense). Une bonne hydratation et des exercices intenses avec sudation suivis par un lavage avec un savon acide (puis masquage par l’utilisation de déodorant ou d’huile essentielle) peuvent également être utiles.

Les traitements

Il n’existe actuellement aucun traitement curatif. Les symptômes peuvent être atténués par un régime alimentaire adapté éliminant les aliments contenant de la TMA, sous surveillance d’un diététicien ou d’un médecin nutritionniste pour éviter les carences. Certains peuvent être administrés en cures ponctuelles pour essayer de rééquilibrer la flore intestinale quand le déficit en MAT est partiel et les symptômes intermittents.

Quand et où consulter ?

Beaucoup de gens n’osent pas en parler, ou il est important de consulter, pour pouvoir poser un diagnostic, dispenser des conseils hygiéno-diététiques ou organiser un dépistage par dosage urinaire. Si celui-ci est positif, la recherche d’une cause génétique peut être effectuée par le centre de biologie pathologie génétique du CHU de Lille. 03 20 44 48 01

» LIRE AUSSI – La contraception peine toujours à se décliner au masculin

À savoir

«La fréquence de la maladie est impossible à évaluer avec précision à cause des déficits partiels non atteints», explique le Dr Benjamin Hennart. Une minorité de patients (moins de 10 %) ne ressentaient pas leurs symptômes. L’entourage peut s’avérer important. En cas de déficit partiel, les patients connaissent une errance thérapeutique (maladie méconnue, absence d’odeur au moment de la consultation…) qui retarde le diagnostic et la prise en charge médicale.

.

Leave a Comment