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Qu’est-ce que la variole du singe, ce nouveau virus qui inquiète les autorités sanitaires en Europe ?

Encore méconnue de la plupart des Occidentaux il y a quelques jours, la variole du singe semble d’un coup se répandre en Europe comme une traînée de poudre. Alors que la Suède et l’Italie ont annoncé ce jeudi avoir, elles aussi, détecté leur premier cas humain sur leurs territoires, les questions autour de cette mystérieuse maladie s’accumulent. Comment l’attrape-t-on ? Est-elle dangereuse ? Où at-elle été détectée pour l’instant ? 20 minutes fait le point.

Quelles sont les caractéristiques de la variole du singe ?

Aussi appelée « monkeypox », la variole du singe est une maladie qui se transmet naturellement des animaux à l’être humain et inversement. De la même famille que la variole humaine, elle peut causer des symptômes similaires : fièvre, mal de tête, douleurs musculaires, mal de dos, ganglions lymphatiques enflés, frissons et fatigue. Des éruptions cutanées peuvent également survenir, souvent sur le visage, et se propager à d’autres parties du corps, notamment les parties génitales. Il n’existe pas de traitement pour cette infection virale qui se guérit d’elle-même.

Comment se transmet la variole du singe ?

La variole du singe se transmet entre humains par contact avec une personne atteinte ou ses liquides organiques, dont la salive. « Généralement, la transmission se produit par voie respiratoire indiquée », les autorités sanitaires de la région de Madrid. Elles notent toutefois que « les cas supposés d’infection laissent penser que la transmission a eu lieu par les muqueuses pendant les relations sexuelles ». « Nous observons des transmissions parmi les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes », ce qui est « une nouvelle information que nous devons étudier convenablement pour mieux la dynamique » de transmission, a déclaré Ibrahima Socé Fall, directeur général adjoint de l’ Organisation mondiale de la santé (OMS) pour les interventions d’urgence, à Genève. Cependant, « n’importe qui, quelle que soit son orientation sexuelle, peut propager la variole du singe », ont souligné les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) américains.

Dans quels pays des cas de variole du singe ont-ils été remplacés ?

Cette maladie endémique en Afrique de l’Ouest est apparue pour la première fois hors du continent le 6 mai dernier au Royaume-Uni, qui en a depuis identifié neuf. Ce mercredi, l’Espagne, le Portugal, le Canada et les États-Unis ont, tour à tour, signalé avoir repéré la présence de la variole du singe, ou ce qui semble l’être, sur leur territoire. Ce jeudi, la Suède et l’Italie ont à leur tour indiqué avoir détecté un premier cas.

L’Espagne et le Portugal ont signalé avoir désigné une quarantaine de cas suspects ou confirmés. Au Canada, plus d’une dizaine de cas suspects étaient ce mercredi en cours d’examen à Montréal, selon la chaîne publique Radio-Canada, qui cite les autorités sanitaires de la ville. Aux États-Unis, un homme qui s’était récemment rendu au Canada a été testé positif dans l’État du Massachusetts.

Va-t-on vers une nouvelle pandémie ?

Dans l’ensemble, les autorités se veulent rassurantes, validées que la maladie est peu contagieuse entre humains. Néanmoins, la multiplication des foyers apparents inquiète l’OMS et les autorités sanitaires locales. Au Royaume-Uni, l’agence britannique de sécurité sanitaire, assure qu’à l’exception du premier cas détecté qui avait récemment voyagé au Nigeria, la transmission entre les autres cas se serait faite au sein du pays.

Certains pays ont rapidement adopté des mesures pour éviter la propagation du virus. Les autorités sanitaires du Portugal et de l’Espagne ont ainsi déclenché une alerte sanitaire nationale. L’Italie a indiqué que la situation était « sous surveillance constante » et a immédiatement placé le patient à l’isolement. Les autorités suédoises « enquêtent désormais avec les centres régionaux de contrôle infectieux pour savoir s’il y a davantage de cas ».

Au vu de la situation, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) dit « suivre la situation de près » et recommande « d’isoler et de tester les cas suspects et de les notifier rapidement ». Il devrait publier son premier rapport d’évaluation des risques « en début de semaine prochaine ».

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