>

À Villampuy, l’écopâturage au service du paysage

La population de Villampuy s’agrandit. 13 nouveaux locataires ont élu domicile, mardi, au stade de la commune. Cette surface habitable de 100 mètres de long sur 70 mètres de large, longeant la départementale 955, accueille désormais deux béliers, huit brebis et trois petits.

À raison des six heures de travail de l’agent communal pour débroussailler le terrain, mis à mal par les hautes herbes tenaces, les adjoints à la mairie, Roger Daviau et Jean-Michel Gauchard, se sont tournés vers l’écopâturage, où les les animaux servent à l’entretien des espaces verts.

« Des bêtes résistantes »

Le projet mûrissait dans la tête des adjoints depuis l’année passée. « Il fallait entretenir régulièrement le stade, surtout en période de pluie puisque l’herbe repoussse à une vitesse folle » souligne Jean-Michel Gauchard, rappelant également qu’aucun match de football ne s’y est tenu « depuis maintenant trois ans ».

L’Eurélien Paul Letheux poursuit sa croissance dans le créneau de l’économie verte

Afin que la vie reprenne sur cet hectare de terrain, le deuxième adjoint a sollicité La Ferme des Puits. Cette exploitation agricole, déployée à Droisy, dans le sud de l’Eure depuis trois générations, élève des races rustiques d’ovins et de bovins, uniquement destinée à la tonte de pelouse.

Ces « bêtes résistantes » aux conditions climatiques, été comme hiver, n’ont autre mission qu’entretenir les paysages, aujourd’hui dégradés par l’utilisation de machines et de pesticides, dans un souci d’uniformisation des espaces agricoles.

Jean-Michel Gauchard et Roger Daviau, respectivement deuxième et premier adjoints à la mairie de Villampuy, sont à l’initiative de ce projet respectueux de l’environnement. « Même dans les petites communes, il faut penser à l’écologie » fait remarquer Jean-Michel Gauchard.

Soucieuse du bien-être animal, l’entreprise étudie avec attention le futur environnement des bêtes (de 500 m² au minimum), avant de les sélectionner parmi son élevage de 400 animaux. Un complément céréalier s’ajoute à la pelouse, principal régime alimentaire. Comme Villampuy, des sites industriels, des sièges sociaux ainsi que des particuliers ont d’ores et déjà adopté cette alternative écologique à Chartres et en région parisienne.

prime Un rapport confirme l’impact des pesticides sur la biodiversité et les écosystèmes

Lâché dans cet eldorado vert sous un soleil de plomb, où les mauvaises herbes arrivent à hauteur des genoux, le troupeau, précédemment en poste à Vernon (Eure) se retrouvent camouflés par son nouvel espace de travail. À deux pas de l’enclos, une classe de maternelle est venue assister à la scène. Les habitants des maisons mitoyennes, alertés par une agitation anodine, peinent à distinguer leurs nouveaux voisins.

La petite troupe se déplace au moindre bruit des pas humains, sans se lâcher d’une semelle. « Ce sont des animaux très craintifs qui se déplacent toujours en groupe », fait savoir Téo, venu déposer les animaux avec sa camionnette. La nouvelle recrue de La Ferme des Puits assurera l’avenir des visites de contrôle, notamment lors d’éventuelles naissances.

« Après le sevrage, les petits seront retirés du troupeau pour éviter la consanguinité. » Avant de partir, il renforce le grillage à l’aide d’agrafes, pour s’assurer que les animaux ne se sauvent pas.

Haie champêtre et aménagements à venir

Les élus de Villampuy s’estiment « reconnaissants » des aides perçues à la confection de ce projet zéro déchet. Un fonds de concours de 2.500 euros a été versé par la com’com, tandis que le Département l’a financé à hauteur de 1.700 euros.

Si le stade ressemble pour l’heure à un terrain vague à la clôture rafistolée, les finitions sont attendues pour l’automne. Une haie champêtre viendra border le stade. Cabanes à insectes ainsi que des nichoirs viendront cohabiter avec le troupeau, avec comme objectif de faire perdure la biodiversité.

Julie Guillaud

.

Leave a Comment