>

Le protocole Wahls pour renverser la sclérose en plaque

Ancienne championne nationale de tai kwon do, Terry Wahls avait l’habitude de courir le marathon au Népal. Mais en 2000, cette mère de deux enfants, se voit diagnostiquer une maladie neurodégénérative chronique incurable : la sclérose en plaque progressive secondaire. Cette grande sportive devant l’éternel au mode de vie sain n’en croit pas ses oreilles. Elle-même médecin, elle s’oriente vers l’une des institutions médicales les plus importantes et réputées au monde : la clinique Cleveland située dans l’Ohio. Elle y est reçue par les meilleurs spécialistes qui lui prescrivent la médication la plus en pointe développée pour les maladies neurodégénératives chroniques telles que la sienne.


Une découverte décisive : les mitochondries

Mais, malgré les traitements, Terry Wahls constate, dépitée, que ses symptômes s’aggravent irrémédiablement. Elle a de plus en plus de mal à marcher et se déplace, la plupart du temps, en chaise roulante. Après une régénération, elle se voit prescrire du Tysabri, un médicament proposé dans les formes sévères de sclérose en plaque et permettant de contenir le phénomène de poussées ainsi qu’un puissant immunosuppresseur, le Cellcept. Malgré ces traitements, Terry Wahls est de plus
en plus handicapée. Désormais alitée ou reléguée dans une chaise à zéro gravité, l’ancienne étudiante en médecine se replonge dans la recherche et dévore, l’une après l’autres, l’ensemble des études sur le fonctionnement du cerveau. Sur pubmed.gov, elle lit tout ce qui a trait aux pathologies neurodégénératives que sont les maladies d’Huntington, d’Alzheimer et de Parkinson : bientôt, elle
fait une découverte décisive. Dans ces trois pathologies affectant le fonctionnement du cerveau, les mitochondries, ces organites fournissant la plus grande partie de l’énergie nécessaire à l’activité cellulaire par respiration tissulaire et agissant comme centrale énergétique de nos cellules dysfonctionnent ! Ceci provoque la dégénérescence, irrémédiable, du cerveau. Terry Wahls tombe notamment sur une étude scientifique effectuée sur des souris : elle démontre que l’huile de
poisson, la créatine (une molécule produite dans l’organisme à partir de deux acides aminés présente automatiquement dans la viande et le poisson et jouant un rôle important dans l’amélioration des fonctions cognitives) et la coenzyme Q (une molécule liposoluble située dans les mitochondries, naturellement synthétisées par le corps humain et fournies par notre alimentation) permettent de restaurer le fonctionnement des mitochondries des rongeurs. Dès lors, elle décide de procéder à une auto-expérimentation : ajustant les doses de données aux souris lors de l’étude à celle qui nécessiteraient un humain, elle applique le même protocole. Si la supplémentation lui permet de ralentir son déclin, elle n’a malheureusement pas pour effet de renverser sa sclérose qui continue de progresser.


Vitamines B, omégas 3 et souffre à la rescousse

Loin de se laisser abattre, Terry Wahls poursuit pourtant ses recherches et fait la découverte de Funcional Medecine Institute qui dispense des cours d’éducation médicale dédiés à la neuroprotection : dans le séminaire baptisé, « A fonctional medical approach to common and uncommon neuroligical syndromes » (Une approche fonctionnelle des syndromes neurologiques), elle en apprend davantage sur la biologie neurocellulaire que lors de l’ensemble de ses études de médecines. Dans notre cerveau, explique Terry Wahls, « nous avons un milliard de cellules avec 10 trillions de connexions. Toutes ces connexions doivent être isolées par ce que l’on nomme la myéline (une gaine protégeante et isolant certaines fibres nerveuses). La myéline, ajoute-t-elle encore, est endommagée dans le cas de la sclérose en plaques ». Or, avoir une myéline robuste, supposons de fournir au cerveau beaucoup de vitamine B (en particulier la vitamine B1 (thiamine), B9 (folate), B12
(cobolamine)) ainsi qu’un certain nombre d’acides gras dits oméga 3 et de l’iode. En outre, les cellules du cerveau communiquant grâce aux neurotransmetteurs, le souffre et la vitamine B6 (pyridoxine) sont nécessaires à leur fabrication. En somme, ce que Terry Wahls découvre là est la liste des composés qu’elle doit consommer pour que ses mitochondries fonctionnent normalement. Elle décide donc de les ajouter à son régime quotidien et intégré peu à peu un protocole : elle réalise
que cette longue liste de nutriments peut se trouver dans l’alimentation et comprend qu’en se nourrissant sainement, elle bénéficiera probablement de milliers d’autres composés que la science n’a encore jamais identifié ni même nommés. Ce protocole, quel est-il ?


Le régime paléo : une diète moderne du chasseur-cueilleur

Terry Wahls décide tout d’abord d’éliminer les aliments ultra transformés qui, chacun le sait aujourd’hui, affament nos cellules et sont à l’origine de nombreuses maladies chroniques dites de civilisation que sont le diabète, l’obésité, le cancer , les maladies cardiovasculaires et neurodégénératives. Pour construire son régime, elle décide de revenir aux origines et à la nature et se concentre sur le régime de nos ancêtres les chasseurs-cueilleurs : leur alimentation également appelée diète paléo consiste en feuilles, racines, baies, viandes et poisson. Il s’agit d’une nourriture locale, saisonnière et bien sûre biologique puisqu’à l’époque les pesticides n’existaient pas. Elle remarque que des Inuits du Grand Nord aux Africains de la Savane, le régime du chasseur-cueilleur est scientifiquement prouvé comme fournissant des doses de nutriments deux à dix fois supérieures à celles recommandées. « Ces anciennes civilisations, explique-t-elle, en savent davantage sur l’alimentation, la santé et la vitalité que les médecins ou les scientifiques les plus qualifiés ». Utilisant les principes de base du régime paléo, Terry Wahls la structure pour être sûre de recevoir les nutriments, vitamines et minéraux qu’elle a identifiés comme capitaux pour la santé de ses cellules neuronales et de ses mitochondries. Et le résultat est stupéfiant : « trois mois plus tard, je pouvais marcher dans ma chambre d’hôpital à l’aide d’une canne et au bout de cinq mois à ce
régime, je suis remontée sur mon vélo pour la première fois depuis dix ans ! » Terry Wahls est
aujourd’hui en pleine forme et en la regardant, personne ne pourrait dire qu’elle est atteinte
de sclérose en plaque. « Nous avons le choix ! », explique-t-elle. Et si vous l’aviez également ?


Le protocole Wahls, jour après jour :

Consommez chaque jour : – Une grande assiette de légumes à feuilles vertes : riches en vitamines A, B, C, K et en minéraux, des légumes comme le kale (c’est le légume au monde contenant le plus de nutriment par calorie), le chou, le persil, et l’ensemble des légumes verts cuits dont vous pouvez faire des smoothies ou même des chips déshydratés sont d’une grande aide pour le fonctionnement de notre cerveau.

– Une grande assiette de légumes riches en souffre : le chou, brocoli, chou-fleur, choux de Bruxelles, navet, rutabaga, radis et chou frisé. La famille des oignons est aussi riche en soufre : consommez des oignons, de l’ail, des poireaux, de la ciboulette, des échalotes, ainsi que des champignons et des asperges.

– Une grande assiette de 3 fruits et légumes de couleurs différentes. Les couleurs
correspondant aux flavonoïdes et aux polyphénols, de puissants anti-oxydants essentiels à nos mitochondries, à notre cerveau et à l’élimination des toxines. Optez pour les betteraves, carottes, poivrons, chou rouge, les baies et les fruits colorés comme les pêches et les oranges.
– Accompagnez vos légumes de viande d’animaux nourris à l’herbe et de préférence
biologique ou des poissons sauvages tels que le saumon et le hareng, ceci en quantité limitée.

Une fois par semaine, consommez :

– des algues riches en iode et sélénium et dont votre cerveau a besoin pour la myéline mais aussi pour éliminer les toxines comme le mercure, le plomb et les métaux lourds.
– des abats qui sont un concentré de vitamines, minéraux et coenzyme Q, particulièrement puissants pour la santé de vos mitochondries : optez pour le foie, le cœur, la langue, les gésiers, le ris.

Évitez les produits ultra-transformés et transformés, les allergènes que sont le gluten (la protéine du blé, du seigle et de l’orge) et les produits laitiers contenant de la caséine associée à de nombreuses maladies chroniques. Limitez les légumineuses et les pommes de terre.

Pour en savoir plus : Terry Wahls, Sclérose en plaques – Ma rémission grâce au régime paléo, Josette Lyon, 2016

.

Leave a Comment