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Un outil en ligne prédit l’impact de 1.800 maladies sur l’espérance de vie

Pour les scientifiques et les professionnels de la santé, estimer le nombre d’années perdues des suites d’une maladie est souvent une tâche ardue. Une approche possible consiste à regrouper les statistiques disponibles concernant l’âge de décès des personnes souffrant d’une pathologie spécifique et de les comparer avec l’espérance de vie moyenne s’ils n’avaient pas développé ladite maladie.

Pourtant, comme le souligne New Scientist, les chercheurs ont tendance à simplifier ces calculs et à supposer que les personnes se développent telles ou telles affections à un âge donné. Le magazine prend l’exemple de l’impact des maladies mentales sur la mortalité, qui est généralement calculé en supposant que la pathologie se développe à partir de 15 ans. Difficile alors d’estimer l’espérance de vie d’un individu touché par la maladie à un âge plus avancé.

Une étude publiée le 16 juin 2022 dans la revue PLOS Medecine et dirigée par Oleguer Plana-Ripoll de l’Université d’Aarhus au Danemark pourrait toutefois changer la donne. L’équipe de recherche a décidé d’appliquer “un modèle statistique existant” pour estimer les années de vie perdues à cause d’une maladie chez près de 7,4 millions de Danois. Menée entre 2000 et 2018, cette étude aussi riche qu’informative prend en compte 1.803 maladies courantes, dont certaines comportent « les poumons, le système circulatoire, l’intestin, les voies urinaires, le système nerveux et le cerveau ».

Une base de données utile à la recherche

Les participants ont été suivis pendant près de deux décennies, jusqu’à leur mort dans 14 % des cas. Les données constatées ont permis aux scientifiques d’adapter leurs estimations quant à l’espérance de vie des personnes malades, et ce en tenant compte de l’âge auquel elles avaient contracté leur pathologie.

Mais l’équipe ne s’est pas arrêtée là et a décidé de créer un site internet : L’Atlas danois de la mortalité par maladie (“L’atlas danois de la mortalité par maladie”, en français), qui regroupe ses différentes conclusions. Oleguer Plana-Ripoll explique que cet outil pourrait faire office de ressource utile pour les chercheurs se spécialisant dans les statistiques de mortalité associées à des maladies spécifiques.

Cette base de données considérable pourrait également prêter main-forte aux professionnels de santé dans le cadre de leurs interactions avec les patients, indique New Scientist. «Ils peuvent alors voir à quoi ressemblent les taux de mortalité de ces patients à cet âge. Et savoir s’ils ont besoin d’organiser des consultations de suivi supplémentaires avec ces personnes»commente Plana-Ripoll.

New Scientist rappelle que ces données peuvent ne pas s’appliquer aux personnes résidant en dehors du Danemark.

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