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“Pour assurer la sécurité alimentaire, on devra se diriger vers un régime à base de plantes” – rts.ch

Guerre en Ukraine, canicule et sécheresse : la sécurité alimentaire est de plus en plus menacée à l’échelle mondiale. Selon l’expert Clément Maclou, la hausse des prix et les pénuries auront de graves conséquences économiques et sociales.

Le réchauffement climatique et l’augmentation des phénomènes extrêmes mettent directement en péril l’accès à une quantité suffisante en quantité et en qualité. Et le problème ne s’arrête pas aux céréales, aliments déjà impactés par le conflit en Ukraine.

“Aux Etats-Unis, la production de coton est fortement touchée. Les prix augmentent depuis neuf mois. Toujours aux Etats-Unis, la culture du riz est aussi sous pression, tout comme les vignes. L’industrie bovine souffre également, avec ces images assez choquantes de milliers de bovins morts à cause de la canicule ces derniers jours”, indique Clément Maclou mercredi dans La Matinale.

Ce dernier gère un fonds dédié à la nutrition à la banque ODDO BHF. Il constate que la hausse des prix s’est déjà enclenchée, même si elle reste relativement contenue dans notre pays. “Il n’y a pas encore tellement de pénuries non plus en Suisse. Au niveau européen, les producteurs et les fabricants sont assez agiles. Ils sont capables de passer d’une matière première à une autre, comme l’huile de tournesol qui peut être restauré par l’huile de colza.”

Diversifier l’alimentation

La diminution de la production est une problématique mondiale. “A si large échelle, les conséquences sont majeures, tant au niveau économique, démographique et social. Je pense notamment aux migrations, avec les millions de personnes qui vont se déplacer pour des raisons alimentaires. Cela se traduira par une hausse du chômage”, prévoir Clément Maclou.

Pour sortir de l’impasse, l’industrie agroalimentaire doit “repenser son mode de fonctionnement”, assure l’expert. Il mentionne notamment l’apport des nouvelles technologies, comme l’agriculture verticale ou la production en laboratoire.

Les consommateurs sont aussi appelés à changer leurs habitudes. “Il faudrait notamment passer d’un régime à base animale vers un régime plus à base de plantes. Surtout, notre alimentation devrait être plus diffuséee. Aujourd’hui, 75 % de nos protéines présentées de cinq espèces animales et de douze espèces végétales. C’est extrêmement concentré, il faudrait avoir une assiette avec plus de couleurs.”

Proposés par Eric Guevara-Frey/gma

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