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les cas se multiplient en France à l’approche d’événements estivaux

Fin mai, Alexandre, 37 ans, et fils compagnon constate l’apparition de petits boutons, pour l’un dans le dos, pour l’autre sur les mains. Les deux Franciliens ne savent pas encore qu’ils ont attrapé la variole du singe (variole du singe, en anglais), une maladie qui n’avait jusque-là jamais été constatée sur le sol français, bien qu’elle soit endémique depuis les années 1970 dans une dizaine de pays africains. C’est un e-mail envoyé par les organisateurs d’un festival gay en Belgique, où ils s’étaient rendus plus tôt dans le mois, qui les poussent à appeler le 15 : plusieurs cas de cette maladie qui se transmet principalement par contacts prolongés ont été détectés parmi les participants à l’événement.

Ils sont dirigés vers le service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Bichat, à Paris, qui compte parmi les quatre établissements de santé de référence pour le risque épidémique et biologique en Ile-de-France (sur les saisir que compte le pays ). Là, un prélèvement suivi d’une PCR confirme le diagnostic. Ils sont tout de suite contraints à un isolement de trois semaines, le temps que leurs croûtes tombent et qu’ils ne soient plus contagieux. Au total, 330 personnes ont été déclarées positives au virus de la variole du singe dans le pays depuis le premier cas détecté le 20 mai, selon un point de situation de Santé publique France (SPF) publié le 23 juin. L’Ile-de-France est la principale région touchée par l’épidémie, regroupant 68 % des cas sur le territoire national, suivi de l’Occitanie (22 cas) et d’Auvergne-Rhône-Alpes (21 cas).

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Signes cliniques différentes des régions endémiques

Si les symptômes d’Alexandre et son compagnon n’ont pas été très graves, beaucoup de personnes infectées présentent des lésions douloureuses situées dans les zones génitales et anales demandant parfois le recours à la morphine. « Parmi les cas investigués, 77 % ont présenté une éruption génito-anale, 73 % une éruption sur une autre partie du corps, 71 % une fièvre et 69 % des adénopathies »c’est-à-dire un gonflement des ganglions lymphatiques, relate SPF.

A l’hôpital Bichat, l’infectiologue Xavier Lescure décrit des rectites, des urétrites, mais également des lésions buccales et des laryngites. Des signes cliniques qui diffèrent de ceux connus jusque-là dans les zones endémiques en Afrique. « Ces particularités s’observent du fait du mode de transmission propre à cette épidémie et de la communauté qui porte cette transmission »le médecin explique – jusque-là essentiellement des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH). « Aujourd’hui, le principal facteur de risque est le multipartenariat sexuel », ajoute M. Lescure. Parmi les 330 cas confirmés figure une seule femme, « dont le partenaire (non testé) a signalé qu’il avait eu une éruption cutanée trois semaines auparavant »FPS précis.

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