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« L’inégalité devant le cancer en France est la déclinaison en cancérologie des fameux déserts médicaux »

L‘Organisation mondiale de la santé (OMS) est formelle : « La façon dont le phénomène des inégalités face au cancer évolue et se modifie au fil du temps (…) concernent tout le monde, mais les personnes les plus défavorisées sont particulièrement touchées. » Cette réalité mondiale, les Français ne l’ignorent pas, puisque « 69 % estiment qu’il existe des inégalités face au cancer et les attribuent majoritairement aux revenus et au lieu de résidence ».

L’inégalité devant le cancer en France est la déclinaison en cancérologie des fameux déserts médicaux, qui touchent 7,4 millions de personnes, soit 11,1 % de la population française. Dans ces territoires concernés, ceux de la diagonale du vide, mais aussi certaines banlieues de grandes agglomérations comme la banlieue parisienne, s’ajoutent souvent désert médical, déficit de tous les services publics et retard technologique et numérique.

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La cancérologie pose un défi supplémentaire, car elle est multidisciplinaire et associée de nombreuses spécialités médicales et paramédicales. Elle est également techniquement très complexe (plateaux techniques d’anatomopathologie, de biologie médicale, de génétique ou d’imagerie). Il n’y aura donc jamais un centre d’excellence en cancérologie à quelques kilomètres de chaque Français, ni même dans chaque département.

Limiter les déplacements inutiles par le partage d’informations

Mais nous pouvons dépasser cette complexité grâce à deux leviers rapidement activables : le renforcement des collaborations entre territoires isolés et centres experts ; le déployeur d’outils numériques innovants. Si des réseaux organisationnels existants, comme les cancéropôles, il faut aller plus à proximité des patients et renforcer les collaborations directes entre les territoires et les structures publiques de soins expertes en cancérologie que sont les centres de lutte contre le cancer et les CHU, ainsi que certains centres hospitaliers ayant une expertise suffisante.

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Ensemble, ces centres maillent déjà une grande partie du territoire et ont des expertises souvent très complémentaires. Pour aider les professionnels qui font vivre ces collaborations, mais qui restent encore insuffisamment nombreux, il est indispensable de leur fournir des outils numériques adaptés à une pratique délocalisée complexe. La création de maisons virtuelles en cancérologie répondrait à cette logique. Une maison virtuelle en cancérologie serait chargée d’un territoire sous la responsabilité d’un centre expert en cancérologie, qui piloterait une équipe autorisée.

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