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Tarbes : l’étonnant destin de Guy Durand, l’ajusteur-tourneur devenu chirurgien plasticien

l’essentiel
Guy Durand, après son CAP d’ajusteur-tourneur, est devenu chirurgien plasticien après avoir lu un livre, Corps et âmes, de Maxence Van der Meerch. Il raconte, à son tour, son parcours atypique dans un livre, Médecine…ma vie.

Les hasards de la vie ? Sans doute, même si Guy Durand est un acharné de travail, il a fallu quelques coups de pouce du destin. Et d’abord une “rencontre” avec un livre. “Je suis issu d’une famille modeste, mon père était électricien à la SNCF, et dans l’immédiat après-guerre, il fallait reconstruire le pays”, raconte-t-il, “j’ai donc passé un CAP d’ ajusteur-tourneur.” Mais, alors qu’il se prépare à passer le concours des Arts et Métiers, il tombe sur Corps et âmes, un livre qui raconte la vie d’un médecin de campagne, écrit par Maxence Van der Meerch (qui deviendra plus tard Prix Goncourt). “Ce fut une révélation, je voulais devenir médecin, j’ai tout plaqué.” Pas simple, avec un bagage aussi faible qu’éloigné de la “grande” faculté de médecine de Bordeaux, largement préemptée par les “fils et filles de”, mais à force de volonté, avec le soutien de sa famille et de petits boulots, Guy Durand devient médecin. “Mais je voulais aller encore plus loin, et je me suis tourné vers la chirurgie ORL.” Avec succès, puisqu’il devient un spécialiste renommé de la chirurgie de la surdité, et s’oriente très vite vers la chirurgie esthétique et réparatrice. Et d’avouer que ses bases de tourneur-ajusteur, “j’étais assez habile de mes mains, et au final, la chirurgie réparatrice, c’est de la mécanique, on a d’ailleurs des outils communs”, l’ont bien servi. Très réputé, Guy Durand a exercé (jusqu’à 83 ans !) à la clinique de l’Ormeau de Tarbes, dont il est l’un des pionniers, mais également dans le monde entier, où ses compétences ont fait merveille, pas seulement pour remonter des poitrines ou des paupières affaissées, mais pour réparer les accidents de la vie.

Un livre a changé sa vie

Au point de devenir président de la Société Française de chirurgie esthétique. “Et tout ça à cause d’un livre”, s’amuse-t-il, même si la volonté d’aider son prochain devait déjà être bien ancrée en lui. Au crépuscule de sa carrière, il décide d’écrire un livre racontant son parcours. Presque par hasard… “C’est mon épouse Elisabeth, qui était une fidèle de l’émission littéraire “La Grande Librairie” sur France 2, qui a téléphoné après que le présentateur a invité les téléspectateurs à venir parler du livre qui avait changé leur vie. C’était mon cas. Je me suis donc retrouvé sur le plateau de l’émission, je crois que c’était en 2012, et j’ai parlé de ce livre de Maxence Van der Meerch. C’est là que j’ai pris conscience que je devais raconter, à mon tour, mon parcours dans un livre. Jean d’Ormesson, que j’ai rencontré ce jour-là, m’y a chaleureusement encouragé. Alors je m’y suis mis , et j’ai présenté le manuscrit à plusieurs maisons d’édition, cinq d’entre elles voulant éditer mon livre.” Preuve que le récit est prenant… Guy Durand choisit finalement les éditions Spinelle. “Ça y est, le livre est disponible. J’y raconte ma vie, les efforts consentis mais aussi les bonheurs immenses que m’a procuré cette passion de la médecine.” Un récit authentique, constellé d’anecdotes savoureuses, mais aussi une plongée dans le passé, où Guy Durand esquisse aussi ses autres passions, la musique, mais surtout la montagne. Il a d’ailleurs gravi plusieurs sommets mythiques de la planète, mais son Everest à lui, c’était la médecine. Et il a été beaucoup plus haut…

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