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Vin rouge ou blanc, on en sait plus sur la manière dont les Romains le fabriquaient

HISTOIRE – Breuvage commun dans l’antiquité, le vin était une boisson prise par les Romains. Mais à l’époque, comment en produisaient-ils ? C’est ce sur quoi se sont penchés des chercheurs de l’université d’Avignon et de Rome.

Pour ce faire, ils ont examiné trois amphores d’époque romaine, des jarres à vin, retrouvées en 2018 dans les fonds marins du port actuel de San Felice Circeo, en Italie. Les résultats de leurs recherches ont été publiés ce mercredi 29 juin dans la revue PLOS ONE.

Usant de techniques multidisciplinaires comme la paléobotanique (étude des végétaux fossiles) ou l’analyse chimique, les chercheurs ont découvert que les pratiques viticoles italiennes à l’époque romaine consistaient à utiliser des jarres imperméabilisées avec de la poix de goudron.

Savoir-faire antique

Après examen des amphores découvertes en Italie, divers composés chimiques allant des résidus de tissus végétaux à divers pollens ont été retrouvés. C’est ce qui a permis de décélérer la présence de dérivés de raisins secs et de pin dans les jarres, suggérant donc qu’elles servaient à faire du vin.

Plus précisément, les chercheurs ont estimé qu’elles étaient utilisées dans le processus de fabrication de deux types de vins, rouge et blanc. Le pin lui permettait de créer du goudron, qui servait à imperméabiliser les jarres, mais aussi à aromatiser le breuvage. C’est d’autant plus plausible que d’autres sites archéologiques ont observé la même chose.

Afin de produire du vin, il y avait besoin d’importer. En effet, tous les ingrédients n’étaient pas disponibles localement. Si le pollen de vigne correspond aux espèces sauvages de la région, le goudron de pin en était probablement importé de Calabre ou de Sicile d’après d’autres sources historiques.

Une approche multidisciplinaire

Si l’analyse chimique a permis de repérer divers composants, la prudence est de mise concernant l’interprétation. Par exemple, l’acide tartrique a été retrouvé, et est considéré comme une preuve de présence de vin. Or, ce composé chimique peut également provenir des sols environnants, ou bien être contenu dans certains sacs plastiques actuels.

Là est donc l’intérêt de l’approche multidisciplinaire pour étudier les pratiques culturelles anciennes à partir d’artefacts archéologiques. Dans le cas présent, afin de s’assurer que les amphores contenaient bien du vin, les chercheurs ont couplé l’analyse chimique et la paléobotanique.

C’est ce qu’affirment les auteurs de l’étude : “En utilisant différentes approches (…), nous avons poussé la conclusion plus loin dans la compréhension des pratiques anciennes qu’elle ne l’aurait été avec une seule approche .”

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