La communauté LGBT réagit à la variole du singe

96 % des cas pour lesquels l’orientation sexuelle est renseignée sont survenus chez des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes“, souligne l’agence Santé publique France. Elle ajoute que “parmi les cas pour lesquels l’information est disponible, 74 % déclarent avoir eu au moins 2 partenaires sexuels dans les 3 semaines avant l’apparition des symptômes“.

Même son de cloche chez l’Organisation Mondiale de la Santé : “les cas classés sont, pour l’heure, principalement, mais pas exclusivement, de jeunes hommes ayant eu des relations sexuelles avec des hommes“. Elle précise néanmoins que “nous sommes tous concernés“.

1453 cas ont été confirmés en France à la date du 20 juillet, dont un en Martinique, le 15 juillet dernier.

Même si la prévalence chez les hommes homosexuels et bisexuels est avérée, l’orientation sexuelle et amoureuse n’est pas une condition à la transmission de la variole du singe. Cependant, au vu de la sociologie des contaminations, une communication ciblée a été mise en œuvre par Santé publique France ou encore vih.org.

Sexosafe.fr, un site de Santé publique France, rappelle ainsi que la variole du singe n’est pas une infection sexuellement transmissible, mais que “les rapports sexuels réunissent toutes les conditions pour une contamination. L’exposition à de multiples partenaires sexuels augmente de fait le risque de contamination.

UN notez que les cas identifiés restent bénins, la maladie guérit en deux à trois semaines et aucun décès n’est à déplorer en France. Malgré cela, la stigmatisation de la communauté homosexuelle inquiète, et depuis une semaine, le sujet est au centre de ses discussions.

Pour l’association de lutte contre les LGBTphobies, KAP Caraïbe, le sujet n’est pas à prendre à la légère. Elle craint en effet que la recherche de boucs émissaires mène à des attaques homophobes.

Brice Armien-Boudré, vice-président de l’association KAP Caraïbe, évoque les deux camps qui s’opposent au sein même de la communauté, pour laquelle le traumatisme de la stigmatisation des années sida est encore vivace :

En Martinique, dans la communauté LGBT, le sujet suscite des discussions enflammées. Il y a deux arguments qui s’opposent : d’un côté, la majorité des personnes qui ont été obtenues sont des hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes. Mais de l’autre, étant donné le mode de transmission, il y a fort à parier qu’à partir du moment où on sort, où on rencontre des personnes, on a plus de chances d’être contaminé. Le virus ne fait pas la différence entre une relation sexuelle et une autre. Il y a donc le danger d’être stigmatisé alors que cette maladie se transmet comme le Covid ou n’importe quelle autre affection facilement transmissible, même sans relations sexuelles.

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