Une bonne recette pour faire baisser la température de son toit – Bretagne



11h, ce vendredi, dans le secteur des Sables-Blancs à Concarneau (29). Le soleil cogne, face à la mer. À la surface du toit plat du garage de Sébastien, la température affiche 55 °C. « Dans l’après-midi, on peut atteindre les 80 °C », assure Frédéric Lachèvre, cofondateur de la société Cool Roof, basée au Faou (29). Une demi-heure plus tard, elle sera retombée à 35 °C. De quoi faire baisser le thermomètre, à l’intérieur du bâtiment.

C’est qu’entre-temps, une première couche de revêtement blanc a été passée sur ce toit. Rien de bien nouveau, quand on sait que dans certains pays, comme en Grèce, les vertus du blanc pour parer aux fortes chaleurs sont connues depuis des siècles. En Bretagne, Cool Roof développe ce concept depuis une dizaine d’années.

Dès la première couche appliquée, la température à la surface du toit est passée de 55 à 35 °C. (Le Télégramme/Olivier Desveaux)

Comme une recette de cuisine

L’innovation, c’est que cette société a décidé de mettre en ligne une recette simple et accessible à tous, pour créer sa propre peinture. Une solution choisie par Sébastien. « On est dans l’esprit des low-tech (1) et du « do-it-yourself » (2), explique ce Concarnois, en pleine application de la première couche. On a là un produit qui n’est pas chimique, dont les composants sont faciles à trouver, pas chers. »

Du bicarbonate de soude, de la caséine, de la poudre de marbre, un fouet, un saladier, une balance, un seau, et de l’eau… Ça pourrait ressembler à une recette de cuisine. Ce sont les ingrédients et ustensiles nécessaires, annoncés par Cool Roof, qui revendiquent l’arrivée d’un produit « 100 % naturel ».

Cette recette de peinture très réflexive est accessible à tous, bon marché, simple à concocter.
Cette recette de peinture très réflexive est accessible à tous, bon marché, simple à concocter. (Le Télégramme/Olivier Desveaux)

Bientôt la Maison de la radio

« Il a fallu trois heures, à deux personnes, pour concocter la peinture de ce toit, soit 45 à 50 kg », explique Frédéric Lachèvre. Le coût ? « 2,50 à 3 € le m² ». Reste que cette peinture est éphémère. Elle dure un à deux ans. « Cela s’adapte aux mobil-homes, aux abris de jardins, aux extensions de maison, assure le chef d’entreprise. Avec la situation thermique invivable qu’on a connue il y a deux semaines et qui risque de se renouveler, c’est une solution ».

Si elle s’est inscrite cette démarche dans un esprit d’économie sociale et solidaire, avec le souhait que le plus grand nombre s’approprie la recette, la société n’en poursuit pas moins son développement industriel, et revendique quelque 500 000 m² de surfaces d ‘entreprises déjà repeintes par ses produits, côté high-tech cette fois. Elle vient même de décrocher le marché de la Maison de la radio, à Paris.

Discussions à l’Assemblée nationale

Reste la question patrimoniale, alors qu’en Bretagne, les toits sont culturellement et traditionnellement couleur ardoise. « Cette idée s’applique avant tout pour les toits plats, insiste Frédéric Lachèvre. Mais actuellement, il y a des discussions à l’Assemblée nationale. La réflexion porte donc sur la validation des matériaux à très forte réflexivité. » Car pour lui, pas de doute : « La lutte contre la hausse de la chaleur, urbaine notamment, est impérative ».

1-Technologies susceptibles d’être utiles, accessibles et durables.

2- « Faites-le vous-même »

Pratique

La recette de cette peinture est disponible sur le groupe Facebook « coolmakers » et sur le site www.coolroof-france.com/fr/nos-actions-solidaires/coolroof-diy.

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