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Démoustications en Haute-Garonne : trois opérations seulement depuis le début de l’été

l’essentiel
Les opérations de démoustication appliquées après la déclaration d’un cas de dingue, chikungunya ou Zika sont en forte baisse cet été en Haute-Garonne en raison de la chute des voyages à l’étranger lié au Covid.

Rue Bayard et dans les ruelles autour de la place Belfort, durant la nuit de dimanche à lundi, les habitants, qui avaient été prévenus quelques jours plus tôt, ont peut-être vu passer les véhicules de la société Altopictus qui ont vaporisé des nuages ​​d ‘insecticide. Une même opération, destinée à éradiquer les moustiques tigres, s’est déroulée quelques jours plus tôt, dans la nuit du 28 au 29 juillet route de Seysses près du quartier Bellefontaine et à l’aéroport. Et le 23 juin, toujours à Toulouse, avait été menée la première démoustication de l’été.

Le moustique tigre, qui, chaque année au retour des beaux jours, gâche la vie des Toulousains privés de leurs jardins, est aussi le vecteur de trois maladies virales : la dengue, le chikungunya et le Zika. Ces maladies, lorsqu’elles sont détectées par un médecin ou un laboratoire médical, impliquent une déclaration auprès de l’Agence régionale de santé (ARS) chargée de lutter contre leur propagation. Et c’est dans la foulée, après une enquête menée sur les lieux évoqués par le malade et la présence ou non de moustiques tigres, qu’est décidée une démoustication. Celle-ci se fait généralement autour du domicile, dans un rayon assez faible de 150 mètres, et éventuellement d’autres sites, comme cela a été le cas le 28 juillet à l’aéroport où avait transité le patient concerné.

Moustique des villes

Jusqu’à présent dans notre département, tous les cas déclarés de ces maladies étaient liés à un voyage à l’étranger. Aucune ne relève d’une contamination locale.

La particularité de l’été 2022 comme des deux précédents est le faible nombre de démoustications. Trois donc en Haute-Garonne alors qu’avant le Covid, l’ARS en diligentait « 40 à 50 », observe Alexandre Pélangeon, ingénieur responsable du service santé environnement au sein de la délégation départementale de l’agence de santé. Pour lui, le Covid, en restreignant les voyages à l’étranger, est à l’origine de cette baisse. « Mais nous sommes vigilants pour septembre-octobre avec les retours de cet été », souligne le responsable.

La baisse des démoustications n’est évidemment pas représentative de la présence du moustique tigre qui a colonisé notre département comme bien d’autres. Celle-ci est désormais massive. Comme l’explique Altopictus, opérateur pour l’ARS en Haute-Garonne, le moustique tigre est devenu « l’animal domestique le plus communément en Europe ». « Il adore les grandes villes et les zones périurbaines, précise Alexandre Pélangeon, car il trouve de nombreux lieux où se cacher. »

Pour s’en débarrasser, pourquoi ne pas mener de telles opérations de démoustication à grande échelle, s’interroge régulièrement sur la population. « Cela ne servirait à rien, assure le responsable du service à l’ARS. Il faudrait recommencer tous les trois jours. » Surtout, précise-t-il, le moustique risquerait de développer une résistance à l’insecticide utilisé, qui est le seul qui bénéficie d’une autorisation de mise sur le marché et qui est, selon l’ARS, sans danger pour l’ ‘homme, les animaux et l’environnement. Une telle résistance reviendrait à se priver de la seule arme actuelle d’éradication. C’est sur la prévention que repose toute la contre-attaque des pouvoirs publics.

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