Enfin une méthode moins douloureuse pour se préparer à une coloscopie

Personne n’attend une coloscopie avec impatience. Cette observation de l’intérieur du gros intestin est même plutôt redoutée, notamment à cause de la préparation plutôt contraignante : il y a plusieurs décennies, les patients doivent d’abord se nettoyer le côlon grâce à des laxatifs comme de l’huile de ricin pendant plusieurs jours. Très peu agréable. Depuis l’année dernière, la préparation au dépistage du cancer colorectal peut néanmoins être moins pénible grâce à de nouvelles pilules, nous apprenons le Washington Post.

En 1984, le traitement Golytely faisait son entrée sur la scène médicale. Cette poudre pour solution buvable au goût écoeurant permet aux patients de passer “de trois jours de torture [avant une coloscopie, ndlr] à trois heures et demi», explique le gastroentérologue Jack Di Palma, professeur à l’université de médecine de l’Alabama, au quotidien américain. Mais ce traitement nettoyant l’intestin devait être bu en grande quantité : plus de quatre litres de liquide au goût répugnant.

De nombreux médecins tentaient de donner quelques conseils à leurs patients pour en faciliter l’ingestion, comme “avaler la solution avec une paille, se boucher le nez, mâcher du chewing-gum [entre plusieurs gorgées]»explique Louis Korman, gastro-entérologue de la région de Washington DC «Tout le monde entend des anecdotes à propos de cette préparation horrible. Tout le monde s’en souvient et c’est malheureusement dissuasif pour la coloscopie.»

Un dépistage nécessaire

La validation, en 2021, d’une nouvelle préparation par la Food and Drug Administration (FDA, l’agence américaine des aliments alimentaires et des médicaments) est donc une très bonne nouvelle pour les patients. Cette nouvelle solution appelée Sutab fonctionne tout aussi bien que la précédente, mais sans goût affreux. La plaquette de vingt-quatre pilules permet aux patients « pour qui le goût est une difficulté réelle » de ne plus appréhender le dépistage du cancer colorectal. Il faut ingérer douze pilules la veille, puis douze le jour J, quelques heures avant l’examen.

Si cette préparation à la coloscopie reste désagréable, elle est essentielle et nécessaire pour l’intervention du médecin, puisqu’elle a pour objectif de totalement vider l’intestin de son contenu. Lors de l’examenle médecin introduit un tube flexible, sur le bout équipé se trouve une caméra, qui serpente cette partie du tube digestif afin de dépister toute tumeur bénigne et de retirer les polypes, signes précurseurs d’un cancer du côlon. C’est de loin le meilleur moyen de dépister ce type de cancers.

Alors que jusqu’à il ya peu, les directives recommandaient aux personnes de plus de 50 ans et à risque élevé de se faire dépister, la Société américaine du cancer invite à présent toute personne de plus de 45 ans à risque modéré à franchiser le pas et à prendre rendez-vous pour une coloscopie.

Des alternatives à la coloscopie interne existent toutefois, à l’étape de dépistages à réaliser chez soi grâce à un prélèvement des selles. Cependant, comme l’explique l’oncologue Arif Kamal, de l’université Duke, « l’opération doit être renouvelée tous les deux à trois ans, contre sept à dix ans pour une coloscopie interne ».

Selon Santé publique France, « le cancer colorectal fait partie des cancers les plus fréquents (troisième chez l’homme et deuxième chez la femme) et représente la deuxième cause de décès par cancer ». À noter avant de se faire déposer en France : pour le moment, la solution Sutab n’est pas commercialisée dans l’Hexagone.

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