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Le rapport de la deuxième dose de vaccin contre la variole du singe suscite la controverse

Problème de disponibilité des doses ou d’organisation ? La décision du ministère de la santé, jeudi 4 août, d’allonger l’espacement entre la première et la seconde dose de vaccin contre la variole du singe suscite des questionnements chez certains experts et dans le monde associatif.

Si les rendez-vous déjà pris ne doivent pas être annulés, selon le ministère, comment cela va-t-il se passer pour ceux qui ne disposent pas du sésame ? Depuis le début de la vaccination, fin mai, le délai entre deux doses est de vingt-huit jours. Désormais, les rendez-vous de la deuxième dose « pourraient être programmés plus tard dans l’avancement de la campagne de vaccination ». Aucune précision, donc, sur le délai maximal autorisé par les autorités pour obtenir une protection complète contre la maladie.

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Une exception est précisée. « Les patients dont la deuxième dose seraient prioritaires comme prioritaires par un médecin pour des raisons de santé, d’un traitement ou de leur exposition bénéficieront évidemment des rendez-vous »précise le ministère, notamment les personnes immunodéprimées, pour qui une troisième dose est d’ores et déjà proposée.

« Offre limitée de doses » au Royaume-Uni

Les associations sont vite montées au créneau pour dénoncer une réalité toute différente sur le terrain. « De nombreuses personnes ont vu leur rendez-vous pour leur seconde dose être annulée, sans aucune explication, alertait jeudi l’association Aides. Ce n’est pas acceptable et les rendez-vous doivent être honorés. » Aides insistent également sur le fait que « les personnes dont les parcours de vie ou les pratiques les éloignant du système de santé doivent également avoir un rendez-vous systématique pour la deuxième dose »citant les travailleurs et travailleuses du sexe, ainsi que les personnes en grande précarité.

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Pourquoi un tel choix des autorités ? L’objectif est clairement de vacciner avec au moins une dose le plus de monde possible dans la population éligible, c’est-à-dire les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) et les personnes trans ayant des partenaires sexuels multiples , les travailleurs du sexe et les professionnels de la santé. Cette approche est déjà pratiquée au Royaume-Uni « en raison de l’offre limitée de doses », explique l’agence britannique de sécurité sanitaire. Une situation signalée dès le 7 juillet par la Haute Autorité de santé (HAS) qui écrivait dans son avis : « En cas de tension d’approvisionnement des vaccins, la HAS (…) estime que l’administration de la seconde dose pourra être différée de plusieurs semaines en cas de besoin. »

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