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Covid : Pourquoi certaines personnes n’attrapent pas le virus ?

“Je n’ai jamais attrapé le Covid”. Nous sommes de moins en moins nombreux à prononcer cette phrase. Pourtant, certains persistent de faire de la résistance. Alors comment expliquer, après sept vagues, que certains n’aient jamais contracté le Sars-CoV-2 ? Le point avec Sandrine Sarrazin, chercheuse Inserm au Centre d’Immunologie Marseille-Luminy.

Être ou ne pas être contaminé… Depuis le printemps 2020, plus de 32 millions de cas de Covid-19 ont été remplacés en France. Un chiffre qui ne reflète qu’une partie de la réalité. Pour Sandrine Sarrazin, chercheuse Inserm au Centre d’Immunologie Marseille-Luminy, “entre les formes asymptomatiques passées inaperçues, les personnes ayant été contaminées deux fois“, sans oublier les campagnes de dépistage ayant commencé bien après la survenue des premiers cas et les autotests non réfléchis, il est difficile, encore aujourd’hui, de connaître avec certitude le nombre de personnes ayant effectivement été touchées par le Sars-CoV- 2.

Reste tout de même que certains n’ont jamais développé la maladie en 7 vagues successives. Alors comment l’expliquer ?

  1. Des personnes isolées ou qui l’ont eu sans le savoir ?

Il est difficile d’imaginer des personnes qui n’auraient pas été en contact avec le virus“, note Sandrine Sarrazin. “Mais il doit tout de même exister de rares cas de personnes très isolées, hors des grandes villes, ne prenant jamais les transports en commun, respectant scrupuleusement les gestes barrière, qui peuvent avoir échappé au virus… Mais ce n’est sans doute pas la majorité de ceux qui n’ont jamais développé la maladie.” Autre hypothèse, “ceux qui l’ont eu mais qui n’ont pas présenté de symptômes, ou bien qui ont cru à un rhume ou à une grippe “, et donc qui s’imagine être passés entre les mailles du filet.

  1. Une prédisposition génétique ?

Une équipe française (Inserm/APHP) dirigée par le Pr Jean-Laurent Casanova a déjà montré que des prédispositions génétiques et immunologiques expliquent près de 25% des formes sévères de Covid-19, et ce sans qu’il n’y ait nécessairement présence de comorbidités “, poursuit l’immunologiste. “À l’inverse, qu’il existe des gens mieux armés génétiquement ne fait pas de doute. La même équipe est d’ailleurs en train de s’intéresser aux gènes de professionnels de santé exposés au Sars-CoV-2 avant que des vaccins ou des masques ne soient disponibles… et qui n’ont pas développé la maladie.”

D’autres travaux ont déjà été conduits concernant cette éventuelle “protection génétique”. Citons par exemple ces scientifiques de l’Université de Newcastle qui ont découvert que le gène HLA-DRB1*04:01 se retrouve trois fois plus souvent chez les personnes asymptomatiques. Cela suggère que les porteurs de ce gène présentent un certain niveau de protection. Notons tout de même que ce gène est directement corrélé à la latitude et à la longitude. En clair, on retrouve davantage de porteurs dans le nord et l’ouest de l’Europe. Ce qui suggère que les populations européennes sont davantage susceptibles de rester asymptomatiques… tout en risquant de transmettre la maladie aux populations les plus sensibles.

  1. Une immunité croisée ?

Une étude récente publiée dans la revue La nature Communication a montré que le fait d’être exposé au rhinovirus, la cause la plus fréquente du rhume, pouvait protéger contre une infection au Sars-CoV-2. Dans ce travail, les chercheurs de l’Collège Impérial de Londres ont constaté que des niveaux élevés de lymphocytes T générés par l’organisme lorsqu’il est infecté par d’autres coronavirus humains (comme le rhume donc), peuvent protéger contre l’infection à Covid-19. “Mais il ne s’agit là que d’une hypothèse”, tempère Sandrine Sarrazin. “La vaccination engendre elle aussi une forte immunité. Mais cela n’empêche pas pour autant de développer la maladie.

  1. Le groupe sanguin ?

Dès les débuts de la pandémie, les scientifiques se sont révélés au lien entre le groupe sanguin et le risque de développer le coronavirus. Ainsi, beaucoup de publications scientifiques ont remarqué une association entre le fait d’appartenir au groupe O et d’être protégé contre le virus Sars-CoV-2. Mais Sandrine Sarrazin reconnaît que “nous sommes revenus de ce postulat. Car si dans des études il y a eu corrélation entre groupe sanguin et sévérité des cas de Covid, il n’y a jamais eu démonstration d’une quelconque protection contre l’infection”.

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