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La mortalité des nourrissons à la hausse en France

Publié le 20 sept. 2022 à 7:59Mis à jour le 20 sept. 2022 à 11:11

Santé publique France publie pour la première fois au sein d’un rapport unique une série d’indicateurs pour décrire l’état de santé des femmes enceintes et des nouveaux-nés. Malgré un niveau « élevé et stable » de prise en charge en France, certaines données « plaident en faveur d’un renforcement de la santé périnatale », souligne Santé publique France.

Première source d’inquiétude : les décès de nourrissons de moins de 27 jours après leur naissance sont à la hausse. Un résultat « qui doit faire l’objet d’une attention particulière pour inverser les tendances ces dernières années », souligne le rapport. En métropole, le taux de mortalité néonatale est passé de 1,6 à 2 décès pour 1.000 naissances vivantes entre 2010 et 2019.

L’Ile de France, l’Auvergne-Rhône-Alpes, les Hauts-de-France, la Normandie et la Nouvelle-Aquitaine sont concernées. Surtout, l’indicateur atteint des sommets dans les départements et régions d’outre-mer, où il s’établit à 4,1 en 2019 (contre 3,7 en 2010), soit deux fois plus qu’en métropole.

Priorité de santé publique

Le rapport met en effet un coup de projecteur sur les « grandes inégalités territoriales » en matière de santé périnatale et souligne que leur réduction doit être une priorité de santé publique ». Les départements et régions d’Outre-mer affichent des indicateurs « globalement plus définis que l’ensemble de la métropole » : le taux de mortalité maternelle sur la période y est multiplié par 4, et le taux de naissances mort-nées par 1, 5.

Mayotte et la Guyane sont les plus concernées : on y retrouve les prévalences de naissances prématurées et de mortinatalité les plus élevées de France. La situation des mères qui accouchent en Guyane est par ailleurs plus précaire : en 2019, 27,7 % d’entre elles ont fourni d’une facturation à l’Aide médicale d’Etat, 2 % en métropole.

Lorsqu’on se penche sur la santé des mères, on s’aperçoit aussi que certaines pathologies sont en augmentation, pendant ou après leurs grossesses. A l’échelle nationale, c’est par exemple le cas de l’hypertension (5 % en 2019 contre 4,5 % en 2010) et du diabète gestationnel (13,6 % en 2019 contre 6,7 % en 2010). Le taux de natalité a également continué à baisser, et ce dans toutes les régions de France : 734.000 naissances ont été écartées en 2019, contre 841.000 en 2010. Une évolution qui s’explique en partie par la diminution de la fécondité chez les femmes les plus jeunes. L’âge moyen à l’accouchement continue pour sa part d’augmenter, pour s’établir à 30,1 ans entre 2016 et 2019.

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