>

L’insuffisance cardiaque, une pathologie largement méconnue

Mieux dépister l’insuffisance cardiaque est un enjeu majeur, estime l’Assurance-maladie. Le constat est édifiant : 1,5 million de personnes en France sont concernées, et cette pathologie, qui touche 10 % des plus de 70 ans, devrait progresser de 25 % tous les quatre ans, en raison principalement du vieillissement de la population. Déjà élevé, ce nombre est sous-estimé : « Il y aurait de 400 000 à 600 000 personnes qui ne seraient pas atteintes », alerte Dominique Martin, médecin-conseil national de l’Assurance-maladie. Face à ce constat, la campagne d’information « Insuffisance cardiaque, et si votre cœur essayait de vous dire quelque chose ? » est créé à partir du 25 septembre, et pendant cinq semaines. Cela afin d’améliorer la connaissance de l’insuffisance cardiaque, auprès du grand public mais aussi des professionnels de santé.

Quatre symptômes sont à surveiller, regroupés par les cardiologues sous l’acronyme « EPOF » : essoufflement à l’effort et/ou en position allongée ; prix de poids important en quelques jours ; œdèmes des membres inférieurs – jambes et les pieds gonflés – ; fatigue importante, y compris pour un petit effort, qui entraîne une baisse de l’activité, avec aggravation de la perte musculaire. « Présents isolément, ces quatre symptômes ne sont pas spécifiques de la maladie, mais leur association ou leur survenue récente doivent faire penser à une insuffisance cardiaque »précise l’Assurance-maladie.

Si le grand public sait qu’une douleur dans la poitrine peut être une atteinte des artères coronaires, une angine de poitrine ou un infarctus, il connaît mal l’insuffisance cardiaque. C’est ce qu’indique une enquête BVA menée auprès des sexagénaires pour l’Assurance-maladie, présentée mardi 20 septembre. Plus inquiétant, ils déclarent ne pas évoquer systématiquement la survenue de ces symptômes avec leur médecin, qui, lui-même, selon cette enquête, n’évoque ces signaux d’alerte qu’avec un peu plus d’un tiers de ses patients de plus de 60 ans.

Prise en charge trop tardive

« C’est une maladie assez largement invisible dans ses débuts et pour laquelle les signes peuvent être confondus en partie avec des signes de vieillissement ou d’autres causes qui pourraient entraîner fatigue et essoufflement », explique Dominique Martin. Ou ces signes doivent être surveillés, surtout après 60 ans. « La méconnaissance des symptômes de cette maladie et la sous-utilisation du terme « insuffisance cardiaque » dans le grand public sont en partie responsables d’un diagnostic et d’une prise en charge souvent trop tardifs »alertait aussi le plaidoyer pour une meilleure prise en charge en septembre 2021, coordonné par le Groupe insuffisance cardiaque et cardiomyopathies (GICC) de la Société française de cardiologie.

Il vous reste 45,81% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Leave a Comment