Jean-Charles et Rose Carrarini, fondateurs épanouis des salons de thé-épiceries Rose Bakery

Il arrive que le mode conduit à la cuisine. Ce fut le cas pour Rose et Jean-Charles Carrarini. « Dans toutes les villes que nous visitions pour notre travail, Florence, Milan, Tokyo, New York, la première choisissait que nous voulions voir, c’était les marchés et les restaurants. Au lieu d’assister aux défilés, nous allions chez Dean & DeLuca ! »

Après une dizaine d’années passées à imaginer des collections de maille et à courir les épiceries fines, le couple franco-britannique a ouvert en 1988, à Londres, où il résidait, un comptoir d’inspiration française et anglo-saxonne, pourvoyeur de sandwichs, quiches, soupes et produits culinaires coup de cœur. Rose se lançait dans la pâtisserie. « J’avais trouvé une recette américaine de gâteau à la carotte. J’ai commencé par diminuer le sucre de moitié ! » L’autodidacte est à ce jour auteur de deux livres de cuisine aux éditions Phaidon : Petit-déjeuner, Déjeuner, Thé (2006) et Comment faire bouillir un œuf (« comment faire cuire un œuf », 2013).

Cheesecakes, tartelettes, salades colorées…

Dans un premier temps augmenté de quelques tables, relocalisé ensuite afin d’y loger un restaurant, un bar, une épicerie et une boulangerie, ce « petit » Villandry – en référence au château du Val de Loire réputé pour son incroyable jardin de légumes – deviendra grand. Trop, au goût des fondateurs. « Nous avions des investisseurs, c’était entreprise, et nous ne sommes pas comme ça… Lors d’un voyage en France, nous avons remarqué qu’il n’y avait pas d’endroit proposé une cuisine comme à la maison. Nos enfants étant à l’université, nous pouvions nous installer à Paris. Le local dans lequel nous avons ouvert Rose Bakery était un ancien dépôt de bois. »

Des plats à la carte proposés dans l'établissement de la rue des Martyrs, à Paris.

En vitrine du 46, rue des Martyrs, dans le 9e arrondissement, s’alignent les cheesecakes, les tartelettes, les salades colorées… Derrière la vitre de la chambre froide, on aperçoit les gros fromages de l’affineur britannique Neal’s Yard Dairy : stilton, wensleydale, caerphilly. La viande est fournie par un grand boucher parisien, un intermédiaire s’occupe de sélectionner le poisson.

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Un assortiment de produits choisis, dont beaucoup sont utilisés en cuisine, remplissent les étagères minimalistes : cafés du torréfacteur parisien Ten Belles (créé par un ancien collaborateur de Rose Bakery), porridge irlandais Flahavan’s, huile d’olive de Ligurie Terre Bormane Cibario, pâtes artisanales italiennes Setaro, sel anglais de Maldon, miel et confitures franco-anglaises Tea Together, épices de la coopérative du Yorkshire Suma…

La palette de marchandises livrée chaque jour n’est pas entièrement déballée, et un nombre impressionnant de cagettes pleines de fruits et de légumes bio s’empilent de manière anarchique – les plats sont à dominante végétale. Suivant un principe de la maison, ils seront vendus ou travaillés dans les quarante-huit heures.

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