Le « nasi goreng », riz frit des oiseaux de nuit à Jakarta

“Tek-tek !” Le bruit métallique d’une cuillère percutante une poêle à frire retenu à travers les ruelles du quartier de Kemanggisan, à Jakarta-Ouest. Il est 19 heures. Kober commence sa tournée en poussant son vieux char de Nasi goreng [riz frit]guidé dans la nuit par une lampe à pétrole.

Cet homme de 58 ans, originaire du centre de Java, est arrivé dans la capitale il y a plus de trente-cinq ans pour chercher à gagner sa vie. Au début, il vendait des nouilles à la palanche au bout d’un bambou. Puis, dans les années 1990, il a acheté un petit char en bois et a commencé à vendre du riz frit. “Je me suis mis au riz frit parce qu’il y avait plus de demande. J’ai appris à le cuisiner sur le tas, dans la rue. Au début, quand j’écrasais l’ail dans l’huile, il sautait hors du wok en m’éclaboussant !” se souvient Kober.

À l’époque, dans ce quartier, il y avait six vendeurs de riz frit originaires de divers villages du centre de Java. Mais depuis, leur nombre ne cesse de diminuer. Certains déménagent ou prennent leur retraite parce qu’ils se font vieux.

« Maintenant, il n’y a plus que moi et un ami, Slamet. Plus personne pour prendre la relève. Les jeunes préfèrent travailler à l’usine plutôt que de pousser un chariot dans les rues jusqu’à 2 heures du matin.

Selon Kober, depuis la multiplication des applications de vente et de livraison de nourriture en ligne, largement utilisées par les citadins, les marchands ambulants de riz frit ont du mal à survivre. Avant, il cuisinait quatre kilos de riz chaque jour, contre la moitié aujourd’hui.

Travailler de nuit n’est pas sans risque

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Kompa (Jakarta)

Fondé en 1965 pour s’opposer à la presse communiste, écrit en indonésien, “Boussole” est le plus grand quotidien national, la référence, avec des enquêtes de fond sur des faits de société et des reportages sur les îles “extérieures”, indonésiennes mais souvent oubliées par le centre, Java.

Au cours des premières années, beaucoup virent dans ce titre la contraction de “Komando Pastor” (“commando des curés”). Pendant les trente-deux ans de l’ordre nouveau, le régime du général Suharto, “Kompas” prit rarement de risques dans le traitement de ses informations, sous la surveillance du pouvoir. Cependant, il ouvrait régulièrement ses pages aux intellectuels du pays, devenant alors une tribune où s’exprimaient des idées courageuses, ce qu’il est toujours.

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