Week-end saveurs : cinq brasseries de chefs étoilés de la région à tester

Comment déguster les plats des chefs étoilés de la région sans payer le prix fort ? Déjeunez dans leurs brasseries. Beaucoup ont choisi de décliner des recettes à plus petits prix afin de rendre plus accessible leur cuisine. Alors, Gagnaire, Pourcel, Bras, Attrazic, Fontes, Nutile ? À vous de choisir.

Rodez : les Bras au musée Soulages

Fabuleuse cuisine de l’instant au Café Bras à Rodez. Elle est «lumineuse, réfléchie» et «ne s’éparpille pas dans l’imagerie», insiste-ton chez les Bras, famille doublement étoilée pour le Suquet et auréolée d’une renommée jamais démentie. Cette brasserie-là c’est un peu le second effet « kiss cool » du musée Soulages. Après la première claque administrée par feu le maître de l’outrenoir, le café Bras vous en colle une deuxième. Gourmande cette fois, avec sa cuisine sensible et raffinée, à la fois libérée et maîtrisée ! Du grand art réalisé par le chef exécutif Christophe Chaillou, forgé chez Michel et Sébastien Bras, et qui a rencontré un point d’honneur à travailler des produits du marché ruthénois, « le plus beau de France ». Ainsi, le pied de cochon se retrouve dans l’assiette, accompagné de boudin noir, noisettes et lentilles vertes, et l’endive terminée grillée et panée au gomasio.

Café Bras, Jardin du Foirail, Rodez. Tél. : 05 65 68 06 70. Du mar. au faible. et sam. soir. Menu complet : 39 €.

Nîmes : Jérôme Nutile au Bistr’au

Jérôme Nutile est un chef laborieux et talentueux. Il a été l’un des plus jeune double étoilé de France du temps de l’hôtel du Castellas à Collias et a ouvert il y a 8 ans, le Mas de Boudan à Nîmes avec lequel il a décroché une étoile. Tout à côté – les cuisines sont les mêmes – son Bistr’au propose des déclinaisons de ses plats, plus simples, moins chers mais toujours aussi exigeants. La carte change tous les jours et s’adapte aux saisons et aux terroirs, comme toute bonne table qui se respecte. Voyez plutôt : velouté de potimarron au magret fumé relevé à l’huile de truffe, zestes de citron vert, filet de maquereau juste snacké, variation autour de l’artichaut, beurre nantais ou encore, crème dessert au chocolat, tuile aux amandes et glace pistache. Le chef a aussi ouvert à la rentrée, un très recommandable resto italien, Georgi’au, à quelques pas du Mas de Boudan, parc Georges-Besse.

Le Bistr’au, 351, Chemin Bas du Mas de Boudan, Nîmes. Tél. : 0466406075. Entrée, plat, dessert : 28 € ou entrée et plat ou plat et dessert 20 €.

Nîmes : Pierre Gagnaire à L’Impé

Déjeuner la brasserie de L’Impé, c’est avant tout profiter d’un lieu mythique. L’hôtel Imperator, entièrement rénové en 2019, a retrouvé son lustre d’antan. Dans un décor chic néo art déco, on déguste la cuisine de Pierre Gagnaire, doublement étoilé avec le restaurant gastronomique de l’établissement, Duende. C’est son très talentueux chef exécutif, Nicolas Fontaine qui donne corps aux recettes du multiétoilé. Des plats délicats, ancrés dans le terroir, méditerranéens, qui arrivent à table bien apprétés.Pour pouvoir offrir des menus encore abordables, les produits sont les moins nobles mais travaillés avec le plus grand soin.Le maquereau grillé s’accompagne de poivrons rouges confits aux anchois demi-sel, l’œuf est poché à l’aillette et servi avec une soupe de tomates, le gratin d’oignons doux marié avec du roquefort, du curry et du chorizo, et la rhurarbe se fait compote pour le dessert avec du Kirsch et un sorbet au fromage blanc. Avec une entrée et un plat ou un plat et un dessert, l’inévitable bouteille d’eau et le café, il faut tout de même compter 50 €. Mais le lieu exceptionnel et la qualité de la carte chassent le tout petit arrière goût… de macarons laissés par la note.

Brasserie L’Impe, 15 Rue Gaston-Boissier, Nîmes.Tél. : 04 66 21 03 74. Entrée, plat ou plat, dessert : 38 €. Menu complet : 53 €.

Montpellier : Charles Fontes à L’Arbre

A L’Arbre, c’est des pianos à quatre mains. Charles Fontes, le chef étoilé de la Réserve Rimbaud, et Eric Cellier, ancien chef de la Maison de la Lozère, proposent au premier étage de l’Arbre blanc, une cuisine aussi contemporaine que le lieu. Les deux chefs ont voulu des plats bourgeois mais modernes, équilibrés et accessibles. Dans un décor minimaliste et apaisant, la carte ne propose pas de menus mais des entrées, plats et desserts à la carte. Comme cet œuf parfait d’artichaut à l’huile de noisette torréfiée, cette cuisse de canard confite, polenta, agrumes, olives et figues ou encore cette île flottante à la noix de coco, crème anglaise aux fruits de la passion. Les beaux jours, une terrasse suspendue avec vue sur le Lez rendent les déjeuners encore plus appréciables.

L’Arbre, 10 parvis Oscar-Niemeyer, à Montpellier. Ouvert du mardi au samedi, de 12h à 16h et de 19h30 à 1h. Réservations : 04 34 76 96 96. larbre-restaurant.fr. Entrée, 12 € ; plat, 24 €, dessert, 10 €.

Aumont-Aubrac : Cyril Attrazic à La Gabale

Cyril Attrazic, du restaurant Chez Camillou, en Lozère, au bord de l’A 75, est un pionnier dans la région. Il a lancé sa brasserie en 2008, quand ses confrères parisiens ouvraient des bistrots. “Les gens poussent plus facilement la porte d’une brasserie que d’un bistrot, je voulais démocratiser ma maison, le résultat a été incroyable”, se réjouit-il. La brasserie est au rez-de-chaussée et le restaurant gastronomique au-dessus. Aux murs, des photos panoramiques de paysages d’Aubrac. Cyril Attrazic a démocratisé jusqu’au bout… De l’autre côté de la route, il a repris le bâtiment historique de Chez Camillou fondé en 1928 pour en faire un petit bistrot baptisé du prénom de sa grand-mère, Linette, avec un menu à 17 € ou entrée-plat-dessert à 25 €.

Brasserie La Gabale, 10 route du Languedoc, Aumont-Aubrac. Tél. : 04 66 42 86 14. Ouverte tous les jours sauf le jeudi. Menu à partir de 21,80 €.

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