Le ratafia de leur grand-père : la recette du succès pour cette entreprise familiale lotoise

l’essentiel
Depuis 2019, Elodie, Véronique et Pierre-Elie Lanies se sont lancés dans la production de ratafia avec leur entreprise Gallusette à Barguelonne-en-Quercy. Un défi pour remettre au goût du jour cet apéritif de nos campagnes.

Le ratafia, ses effluves et ses salves de souvenirs qui vont avec pour de nombreux Lotois. Qui n’a pas goûté celui d’un oncle, d’un père ou d’un grand-père ? C’est donc tout naturellement autour d’un verre que la fratrie Elodie et Pierre-Elie et leur cousine Véronique ont eu l’idée de créer leur entreprise avec l’envie de retrouver le goût de celui de leur grand-père. “C’était en 2018, j’avais envie d’être mon propre patron, mon frère aussi et notre cousine était justement en train de se former à la distillerie comme le faisait notre oncle” raconte Elodie Lanies.

Deux ratafias différents pour tous les goûts
DR Gallusette

L’apéritif artisanal est ancré dans l’histoire familiale à Saint-Panthaléon, commune de Bargelonne-en-Quercy aujourd’hui. Les cousins ​​ont eu envie de faire revivre ce savoir-faire et de rendre hommage à leurs racines lotoises. “Notre papi était bouilleur ambulant, mon oncle a suivi et ma cousine tout autant. La recette est un héritage. On voulait une marque qui transmette nos valeurs d’authenticité, de partage et de “chaleurosité” explique la cheffe d’entreprise de 44 ans. Les Lanies mûrissent le projet, réfléchissent, et font finalement toutes les démarches légales pour produire un alcool. En février 2019, ils obtiennent l’immatriculation. Ils ont choisi le nom Gallusette en rapport au coq de nos territoires ruraux, sa fierté et son symbole français. Le logo est un trompe-l’œil, un coq avec une queue en forme de verre à cocktail. Car les entrepreneurs souhaitent dépoussiérer l’image du ratafia. La marque imagine des cocktails et vise un public plutôt féminin au départ.

Un produit 100 % local

Pour produire leur ratafia, ils se fournissent en moût de raisins rouges et blancs, les premières presses des vendanges, auprès des viticulteurs lotois et tarnais. Ils ont sélectionné au peigne fin les cépages pour élaborer des ratafias uniques en goût et de qualité. Véronique, la cousine, est à la production des alcools qui sont ajoutés au moût de raisins secs. Gallusette propose ainsi deux ratafias. Pour le rubis, elle distille du vin déjà vieilli en cuve. Pour l’ambré, l’alcool de pruneaux lotois est ajouté au moût de raisins blancs. Les trois entrepreneurs commencent leur production avec les vendanges de septembre 2019 et sont prêts pour vendre leurs quatre mille premières bouteilles au printemps mais le Covid met un frein à leur élan.

La famille fait des tests de ratafia vieilli en fûts de chêne

La famille fait des tests de ratafia vieilli en fûts de chêne
DDM – Sarah Nabli

“On a collé les étiquettes nous-mêmes avec ma mère. En juin 2020, on a commencé à faire du porte à porte chez les cavistes et les restaurateurs dans le Lot, à Toulouse et même à Paris. On était fiers d’avoir fait un produit de nos mains, de notre terroir et surtout bon. On est tombé sur des cavistes amoureux de leur métier et des restaurateurs parfois étoilés qui se l’approprient et l’ajoutent à leurs recettes. Ça nous fait plaisir de voir que nos ratafias inspiré” se réjouit Elodie Lanies. D’autant plus que l’histoire familiale et le côté local sont des atouts majeurs. Les capsules et les étiquettes viennent de Toulouse quand les bouchons sont fabriqués à Perpignan. Gallusette a d’ailleurs obtenu le label “Sud de France” de la région Occitanie.

Pour leurs débuts, les trois entrepreneurs ont dû garder un travail à côté car ils ne peuvent pas encore vivre de leur ratafia. Ils ont donc des emplois du temps bien chargés. Véronique est à la production, Elodie gère l’administratif et Pierre-Elie, au commercial et marketing, enchaîne les salons. Mais avec les fêtes de noël et leur site internet, ils espèrent faire découvrir leur savoir-faire lotois.

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